Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413843
mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2413843 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal (requête n° 2409697) du 23 août 2024 ;
- le code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 19 novembre 2024, tenue en présence de Madame Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu les observations de Me Favain, représentant M. A, requérant, présent, qui rappelle qu'il n'est pas nécessaire de disposer d'un passeport pour bénéficier d'un titre de séjour, qu'en l'espèce il lui est matériellement impossible d'en présenter un, et qui demande qu'il soit fait injonction sous astreinte de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour sous astreinte le temps de l'instruction de sa demande.
Le préfet du Val-de-Marne, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant biélorusse né le 23 août 1997 à Mozyr (oblast de Gomel), entré en France au cours de l'année 2014 sous couvert d'un visa de long séjour, a été titulaire de cartes de séjour portant la mention " vie privée et familiale " régulièrement renouvelées jusqu'au 19 février 2024. Il a saisi la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) d'une demande de renouvellement de ce dernier titre de séjour, et a été reçu le 9 février 2024 par ses services. L'enregistrement de sa demande lui a été refusé au motif qu'il n'était pas en possession d'un passeport valide. Par une requête enregistrée le 2 août 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision. Cette requête était assortie d'une demande de suspension de son exécution à laquelle il a été fait droit par une ordonnance du 23 août 2024 du juge des référés du présent tribunal qui, après avoir constaté que les dispositions du point 37 de l'annexe 10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'exigeaient pas la production d'un passeport en cours de validité et admettaient la présentation d'autres documents justifiant de la nationalité d'un demandeur, que M. A soutenait sans être contredit avoir produit un acte de naissance délivré le 19 octobre 2023 par les autorités biélorusses, et justifiait des démarches accomplies dans le but d'obtenir le renouvellement de son passeport, périmé depuis le 18 février 2023, demande qui avait été rejetée par lesdites autorités en conséquence de l'absence de réalisation de son service militaire, a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de renouvellement de titre de séjour
présentée par l'intéressé et de lui remettre un récépissé, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance. Si la préfète du Val-de-Marne, le 27 août 2024, a remis à M. A un récépissé de demande de titre de séjour valable trois mois, d'une part elle ne soutient pas que ce récépissé ait été renouvelé à son échéance, replaçant l'intéressé en situation d'irrégularité de séjour alors qu'il est en situation régulière depuis le 21 octobre 2014, et, d'autre part, elle a confirmé dans ses écritures en défense maintenir son exigence de production d'un passeport par l'intéressé pour commencer l'instruction de sa demande de renouvellement de son titre de séjour.
2. Aux termes d'une part de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, le préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne), qui a expressément indiqué être en attente du passeport en cours de validité de M. A, document qu'il est impossible à ce dernier de produire compte tenu de ce qui a été précisé par l'ordonnance du 23 août 2024 et qui n'est en tout état de cause pas obligatoire pour l'instruction d'une demande de titre de séjour sur le fondement de la vie privée et familiale, comme cela lui a été également précisé par cette même ordonnance, ne soutient pas non plus avoir renouvelé le récépissé de M. A au-delà du 26 novembre 2024, alors même que l'injonction prononcée le 23 août 2024 impliquait nécessairement que ce document soit régulièrement et sans discontinuité renouvelé dans l'attente de la décision expresse prise par l'administration sur la demande présentée le 9 février 2024.
4. Par suite, il y a lieu de modifier les termes de l'ordonnance du 23 août 2024 en assortissant l'injonction de réexamen prononcée par celle-ci d'une première astreinte de 500 euros par semaine de retard passé un délai de trois semaines suivant la notification de la présente ordonnance, et celle de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour d'une seconde astreinte de 50 euros par jour de retard passé une délai de trois jours suivant la notification de la présente ordonnance, ce récépissé devant être renouvelé sans discontinuité jusqu'à la décision expresse prise par le préfet du Val-de-Marne sur la demande présentée par M. A, en cas de refus, ou la remise en main propre de sa nouvelle carte de séjour, en cas de décision favorable.
O R D O N N E :
Article 1er : L'injonction de réexamen de la demande de renouvellement de son titre de séjour présentée par M. A, prononcée par le juge des référés du présent tribunal à l'article 2 de l'ordonnance susvisée du 23 août 2024, est assortie d'une astreinte de 500 euros par semaine de retard passé un délai de trois semaines suivant la notification de la présente ordonnance.
Article 2 : L'injonction de remise d'un récépissé de demande de titre de séjour prononcée par le juge des référés du présent tribunal à l'article 2 de l'ordonnance susvisée du 23 août 2024, est assortie d'une astreinte de 50 euros par jour, passé un délai de trois jours à compter de la notification de la présente ordonnance, ce récépissé devant être renouvelé sans discontinuité jusqu'à la décision expresse prise par le préfet du Val-de-Marne sur la demande présentée par M. A, en cas de refus, ou la remise en main propre à l'intéressé de son nouveau titre de séjour, en cas de décision favorable.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, la greffière,
N°2413836
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