mardi 15 avril 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414165 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 novembre 2024, Mme D A C épouse B, représentée par Me Ben Gadi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de retrait de titre de séjour prise le 27 mai 2024 par le préfet de Seine-et-Marne ;
3°) d'enjoindre à toute autorité administrative compétente de lui délivrer, dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler jusqu'au jugement de sa requête en annulation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 800 euros hors taxes, soit 2 160 euros toutes taxes comprises, à verser à Me Ben Gadi, sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ou, en cas de rejet de sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle, la somme de 1 800 euros à lui verser à elle au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code des relations entre le public et l'administration ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Mme A C, ressortissante camerounaise née le 8 novembre 2000 et entrée en France le 23 octobre 2023 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " passeport talent (familles) ", a déposé le 17 novembre 2023, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ", une demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la même mention. Après avoir été mise en possession le 27 décembre 2023, via le même téléservice, d'une " attestation de décision favorable " indiquant qu'une décision favorable avait été prise le même jour sur cette demande et qu'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent (famille) " valable du 16 décembre 2023 au 15 décembre 2026 lui serait délivrée une fois qu'elle aurait été fabriquée, elle a fait l'objet, le 27 mai 2024, d'un arrêté par lequel le préfet de
Seine-et-Marne a rejeté la demande en cause et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays à destination duquel elle serait renvoyée en cas d'exécution d'office de cette obligation. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'une décision implicite de retrait de titre de séjour prise le même jour que cet arrêté et révélée par celui-ci.
3. Lorsque la requête en annulation dont fait par ailleurs l'objet la décision administrative dont il lui est demandé d'ordonner la suspension de l'exécution sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative lui apparaît entachée, en l'état de l'instruction, d'une irrecevabilité propre à cette requête, telle que, par exemple, la tardiveté de celle-ci, il appartient au juge des référés, si un moyen en défense tiré de cette irrecevabilité est invoqué devant lui, de rejeter la demande de suspension dont il est saisi comme non fondée, aucun des moyens dont il est fait état à l'appui de cette demande n'étant alors susceptible de créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige. Il doit en outre relever d'office une telle irrecevabilité de la requête en annulation de cette décision dans le cas où elle ressort des pièces du dossier qui lui est soumis et n'est pas susceptible d'être couverte en cours d'instance.
4. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable au litige : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant []. " Aux termes de l'article L. 614-4 du même code, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. " Aux termes de l'article L. 611-1 du même code : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / [] 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents []. "
5. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. "
6. Si la décision de refus de titre de séjour contenue dans l'arrêté du 27 mai 2024 mentionné au point 2 doit s'analyser comme retirant implicitement la décision favorable du 27 décembre 2023 mentionnée au même point, elle ne saurait en revanche être regardée comme révélant l'existence d'une décision de retrait de titre de séjour distincte d'elle et non soumise, par conséquent, au délai de recours contentieux de trente jours applicable aux décisions relatives au séjour accompagnant une décision portant obligation de quitter le territoire français prise, comme celle dont Mme A C fait l'objet, en application du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Or il résulte de l'instruction que l'arrêté du 27 mai 2024 mentionné au point 2 indique, juste après la signature de son auteur, les délais et voies de recours ouverts contre lui et que la requérante en a reçu notification le
19 juillet 2024, soit plus de trente jours avant de saisir le tribunal, le 13 novembre 2024, de sa requête en annulation. Dans ces conditions, et nonobstant la circonstance qu'une demande de communication des motifs d'une prétendue décision implicite de retrait de titre de séjour a entretemps été formulée vainement par une lettre datée du 19 août 2024, il apparaît manifeste que cette requête est entachée, en l'état de l'instruction, d'une irrecevabilité tenant à sa tardiveté et que, par suite, eu égard à ce qui a été dit au point 3, la demande de suspension de l'exécution présentée par Mme A C au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne saurait être fondée.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il y ait lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de Mme A C, il y a lieu de rejeter la requête de celle-ci, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A C épouse B et à Me Ben Gadi.
Fait à Melun, le 15 avril 2025.
Le juge des référés,
Signé : P. Zanella
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
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Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026