Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414190
lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Hélalian, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 11 septembre 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui accorder une autorisation provisoire de séjour dans l'attente de l'intervention d'un jugement sur la requête en annulation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1.000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité algérienne, il a été titulaire d'un certificat de résidence algérien valable jusqu'au 2 octobre 2024, qu'il a tenté à trois reprises d'en demander le renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, soudanaise, que sa première demande a été classée sans suite car formulée trop tôt, que la seconde l'a été également car son titre était prêt et qu'il devait attendre une convocation pour le retirer, comme la troisième, le 11 septembre 2024 pour la même raison.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de sa carte de résident qui n'est plus valable et risque un éloignement, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et d'une erreur de droit car les cartes de résidents sont renouvelables de plein droit et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 décembre 2024, le préfet du Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le
11 décembre 2024 en vue de relever ses empreintes afin de lancer la fabrication de son titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 1er juillet 2024 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 17 novembre 2024 sous le numéro 2414234, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 2 décembre 2024, tenue en présence de
Madame Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de
Me Kerkeni, représentant le préfet du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au
non-lieu.
Le requérant, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1 M. B A, ressortissant algérien né le 15 novembre 1973 à Oran, a été titulaire en dernier d'un certificat de résidence algérien de dix ans, délivré par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 2 octobre 2024. Il a sollicité un rendez-vous sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne le 6 juillet 2024 en vue de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour. Elle a été classée sans suite le 8 juillet 2024 comme étant prématurée. Il a déposé une seconde demande de rendez-vous le 2 août 2024 qui a été aussi classée sans suite le 21 août avec comme motif " anef ". La troisième demande déposée le 21 août 2024 a été également classée sans suite le 11 septembre 2024 au motif cette fois qu'il avait un titre de séjour prêt et qu'il devait patienter pour recevoir une convocation. M. A a donc considéré cette réponse comme révélant une décision de refus opposée à sa demande dès lors que, n'ayant pas pu déposer de demande de renouvellement de son titre de séjour, son nouveau titre ne pouvait être déjà prêt en vue de son retrait. Par une requête enregistrée le 17 novembre 2024, il a demandé au tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du 18 novembre 2024, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, le préfet du Val-de-Marne a convoqué M. A le 11 décembre 2024 pour une prise d'empreinte en vue de la réalisation de son nouveau certificat de résidence.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3 Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. () ".
4 Aux termes de l'article L. 433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, d'une carte de résident ou d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an prévu par une stipulation internationale en demande le renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. () ".
5 Enfin aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er juillet 2024 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : () 4° A compter du 4 juillet 2024, les demandes de renouvellement du certificat de résidence valable dix ans prévu aux articles 7 bis et 7 ter de l'accord franco-algérien relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles du
27 décembre 1968 modifié ; () ".
6 Il ressort des pièces du dossier que le certificat de résidence algérien de M. A arrivait à échéance le 4 octobre 2024. Il lui appartenait dans ces conditions de déposer sa demande de renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France et non en saisissant directement les services de la préfecture du Val-de-Marne, ce qui lui permettait de justifier de la régularité de son séjour jusqu'au 4 janvier 2025 en application des dispositions de l'article L. 433-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile rappelées
ci-dessus.
7 Toutefois, et en tout état de cause, le préfet du Val-de-Marne a convoqué M. A le 11 décembre 2024 à 9 heures en vue d'une prise d'empreintes nécessaires à la fabrication de son titre. Il doit donc être considéré comme ayant engagé la procédure de renouvellement du certificat de résidence algérien de M. A. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de ce dernier présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais irrépétibles :
8 Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : Les conclusions de la requête de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. AymardLa greffière,
Signé : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2414190
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