vendredi 3 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET HUG & ABOUKHATER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 novembre et 2 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Hug, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet résultant du silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur sa demande de carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail dans un délai de vingt-quatre heures, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, dans l'attente de la fabrication de sa carte de résident ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à Me Hug au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie, dès lors que : une carte de résident doit lui être délivrée de plein droit en sa qualité de père d'une enfant étrangère reconnue réfugiée, et ce, dans l'intérêt de cette enfant ; en dépit de la qualité de celle-ci et des droits attachés à cette qualité, la décision en litige fait obstacle à ce qu'il puisse régulièrement séjourner en France et y travailler, alors qu'il ne dispose d'aucune ressource pour subvenir aux besoins de sa fille ; elle contraint par ailleurs sa fille, la mère de celle-ci et
lui-même à résider séparément dans des conditions totalement inadaptées, à défaut pour lui de pouvoir être pris en charge avec sa fille et la mère de celle-ci, lesquelles sont hébergées par le Samu social, et, pour la famille, de pouvoir obtenir un logement stable ; sa fille, la mère de
celle-ci et lui-même se trouvent ainsi placés dans une situation financière et administrative extrêmement précaire ; en outre, il est exposé au risque d'être retenu pour une durée de
vingt-quatre heures aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français ainsi que de faire l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'un placement en rétention ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que
celle-ci méconnaît les dispositions des articles L. 424-3 et R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-il ne peut effectuer son changement d'adresse au moyen du téléservice ANEF et il a signalé son changement d'adresse à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne et à la préfecture de la Seine-Saint-Denis, celle-ci lui ayant indiqué le 20 novembre 2024 que son dossier ne dépendait plus de ses services, de sorte qu'il appartenait à la préfecture du Val-de-Marne de faire le nécessaire pour obtenir le transfert de son dossier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 novembre 2024, le préfet du Val-de-Marne conclut à la caducité de la requête.
Il soutient que la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne ne peut pas être destinataire de la demande de titre de séjour du requérant, dès lors que celui-ci n'a pas accompli les démarches correctement et qu'il lui appartient d'effectuer son changement d'adresse au moyen du téléservice ANEF afin que sa demande puisse être transmise à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne et analysée par celle-ci.
Vu :
-la requête n° 2414420 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Le rapport de M. Zanella a été entendu au cours de cette audience, tenue le 6 décembre 2024 à 10h00.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
2. M. A, qui est de nationalité guinéenne, a déposé le 4 mars 2024, au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ", une demande de carte de résident en sa qualité de père d'une enfant étrangère reconnue réfugiée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 24 janvier 2024. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions citées au point précédent, de la décision implicite de rejet née du silence gardé pendant quatre mois sur cette demande par l'autorité administrative.
Sur l'exception de " caducité " opposée par le préfet du Val-de-Marne :
3. Si le préfet du Val-de-Marne fait valoir, en défense, que la sous-préfecture de
Nogent-sur-Marne ne peut pas être destinataire de la demande de titre de séjour du requérant, au motif que celui-ci n'aurait pas accompli les démarches correctement et qu'il lui appartient d'effectuer un changement d'adresse au moyen du téléservice ANEF afin que sa demande puisse être transmise à la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne et analysée par celle-ci, cette circonstance n'est pas de nature à rendre " caduque " la requête de l'intéressé.
Sur les conclusions de la requête :
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
5. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A, qui ne se trouve pas, en l'espèce, dans le cas où il pourrait bénéficier de la présomption mentionnée au point précédent, fait valoir que : en premier lieu, une carte de résident doit lui être délivrée de plein droit en sa qualité de père d'une enfant étrangère reconnue réfugiée, et ce, dans l'intérêt de cette enfant ; en deuxième lieu, en dépit de la qualité de celle-ci et des droits attachés à cette qualité, la décision en litige fait obstacle à ce qu'il puisse régulièrement séjourner en France et y travailler, alors qu'il ne dispose d'aucune ressource pour subvenir aux besoins de sa fille ; en troisième lieu, la décision en litige contraint sa fille, la mère de celle-ci et lui-même à résider séparément dans des conditions totalement inadaptées, à défaut pour lui de pouvoir être pris en charge avec sa fille et la mère de celle-ci, lesquelles sont hébergées par le Samu social, et, pour la famille, de pouvoir obtenir un logement stable ; en dernier lieu, il est exposé au risque d'être retenu pour une durée de vingt-quatre heures aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français ainsi que de faire l'objet d'une mesure d'éloignement assortie d'un placement en rétention.
6. Toutefois, la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant distincte de celle tenant à l'invocation d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée, la circonstance que M. A devrait se voir délivrer de plein droit une carte de résident en sa qualité de père d'une enfant étrangère reconnue réfugié n'est pas, par elle-même, de nature à caractériser une situation d'urgence au sens indiqué au point 4. Il en va de même, dès lors qu'elle n'est pas propre à l'intéressé mais, au contraire, inhérente à tout refus de titre de séjour, de la circonstance que la décision en litige prive le requérant des droits au séjour et au travail attachés à la carte de résident qu'il s'est vu refuser et l'expose en outre au risque d'être retenu aux fins de vérification de son droit de circulation ou de séjour sur le territoire français ainsi que d'une mesure d'éloignement éventuellement assortie d'un placement en rétention. Par ailleurs, s'il ressort de l'acte de naissance de sa fille, née le 26 octobre 2022, qu'il a déclaré cette naissance à la mairie de Saint-Maur-des-Fossés le 28 octobre 2022, l'intéressé, qui n'habitait pas à cette date à la même adresse que la mère de sa fille, n'établit pas, ni même n'allègue, avoir résidé voire seulement maintenu des liens avec cette dernière et sa mère après ladite date, son nom ne figurant au demeurant pas, à la différence de celui de la mère de l'enfant en cause, dans la décision de l'OFPRA mentionnée au point 2. M. A n'apporte enfin aucun élément de nature à établir que la mère de sa fille, dont il s'abstient notamment de préciser la situation administrative et financière, ne serait pas en mesure, à la date de la présente ordonnance, de pourvoir seule à l'ensemble des besoins de son enfant, notamment en matière de logement ou d'hébergement. Dans ces conditions, l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme caractérisée en l'état de l'instruction.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la question du doute sérieux quant à légalité de la décision en litige et sans qu'il y ait lieu d'admettre provisoirement l'intéressé à l'aide juridictionnelle, la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre d'État, ministre de l'intérieur ainsi qu'à Me Hug.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 3 janvier 2025.
Le juge des référés,
Signé : P. ZanellaLa greffière,
Signé : C. Sistac
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026