Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414744
jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414744 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, Mme A B, représentée par Me Delorme, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 29 octobre 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de rendez-vous ;
2°) d'enjoindre aux services préfectoraux de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie, alors en outre que la décision en litige a pour conséquence de la priver de la possibilité de déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour, bien qu'elle soit entrée en France sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour, et que ce dernier arrive à expiration le 10 décembre ;
- une absence de document justificatif de la régularité de son séjour aurait pour effet de rendre son séjour irrégulier et l'exposerait au risque de voir son contrat de travail suspendu ;
- la décision en litige est entachée d'une erreur de droit et de fait et méconnaît les dispositions des articles L. 433-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle se trouve en situation de renouvellement de titre de séjour et non de première demande.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2024, le préfet du Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut à titre principal au non-lieu à statuer sur la requête, et à titre subsidiaire à son rejet.
Il fait valoir que :
- Mme B a été rendue destinataire d'une convocation le 9 décembre 2024 à 11h pour le dépôt de sa demande de titre de séjour et la remise d'un récépissé ;
- à défaut des coordonnées de la requérante, cette convocation est produite dans le cadre de la présente instance.
Par un mémoire en réplique, enregistré le 4 décembre 2024 à 10h01, Mme B maintient les conclusions de sa requête fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que malgré de précédentes démarches, seule la saisine du tribunal a permis d'obtenir sa convocation auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne.
Vu :
- la requête enregistrée le 28 novembre 2024 sous le n° 2414740 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 décembre 2024 à 14h00, Mme Letort a lu son rapport.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
2. Mme B, ressortissante tunisienne née le 9 septembre 1993 à Tunis (Tunisie), entrée en France au cours du mois de mai 2024 sous couvert d'un visa long séjour mention " salarié " valable jusqu'au 10 décembre 2024, a saisi la préfecture du Val-de-Marne le 25 septembre 2024 d'une demande de rendez-vous pour déposer une demande de renouvellement de titre de séjour, sur le site " Démarches simplifiées " de la préfecture. Le 29 octobre 2024, cette demande a fait l'objet d'une décision de classement sans suite, au motif qu'elle devait être présentée au titre d'une première demande de titre de séjour. Mme B demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
3. Toutefois, par un mémoire en réplique, Mme B déclare qu'en conséquence de la production par la défense d'une convocation auprès des services de la préfecture le 9 décembre 2024 à 11h, elle maintient ses conclusions fondées sur les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et doit ainsi être entendue comme se désistant de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais de justice :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par Mme B aux fins de suspension et d'injonction.
Article 2 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.
La juge des référés,
C. LETORT
La greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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