Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414960
vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2414960 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Hadj Said, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour le temps de l'instruction de son dossier de demande de renouvellement de titre de séjour de dix ans l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration de ce délai ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il y a urgence à ne pas le maintenir dans la situation actuelle d'irrégularité sans lui permettre de renouveler son titre de séjour, alors qu'il a été titulaire d'un titre de séjour de dix ans, qu'il en a demandé vainement le renouvellement, qu'il est père d'un enfant français, qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée et justifie d'un domicile, qu'il ne peut plus s'acquitter de son loyer, s'expose à un risque d'expulsion de son bail, ne peut plus régler la contribution alimentaire pour son fils mineur, affecte sa santé ;
- l'absence de décision des services de la préfecture portent une atteinte grave à son droit de mener une vie professionnelle et privée normale, tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La présidente du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, une demande de renouvellement de titre de séjour doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée à l'issue d'un délai de quatre mois.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. A, ressortissant algérien né le 20 août 1985 et qui était titulaire d'un titre de séjour de dix ans, valable du 9 mai 2014 au 8 mai 2024, a déposé le 16 février 2024 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de renouvellement de son titre de séjour. En l'absence de réponse du préfet du Val-de-Marne dans le délai de quatre mois, comme de tout autre demande de pièces complémentaires nécessaires à l'instruction de sa demande, susceptible de prolonger le délai de celle-ci, sa demande doit être considérée comme s'étant vue opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 16 juin 2024, nonobstant la circonstance que, postérieurement à cette date, il s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative, ainsi que cela lui a déjà été dit par deux ordonnances du juge des référés du tribunal administratif de Melun n° 2411062 du 18 octobre 2024.
5. Dans ces conditions, la requête de M. B A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, d'assortir le recours en excès de pouvoir présenté devant le présent tribunal d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Melun, le 6 décembre 2024.
Le juge des référés
O. C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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