Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415145

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415145
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de Mme A B, ressortissante brésilienne, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour. Le juge a constaté que le silence gardé par l'administration pendant quatre mois avait fait naître une décision implicite de rejet le 28 juin 2024, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la demande de délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de prolongation d'instruction était dépourvue d'utilité et ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, sans audience ni instruction contradictoire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 décembre 2024, Mme C A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre sous astreinte au préfet du Val-de-Marne lui délivrer immédiatement un récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour lui permettant de justifier de la régularité de son séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. " En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Mme A B, qui est de nationalité brésilienne, a déposé une demande de renouvellement de son dernier titre de séjour le 28 février 2024 au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dénommé " ANEF ". Sa requête tend à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de cette demande lui permettant de justifier de la régularité de son séjour en France.

3. D'une part, il résulte des dispositions de la section 5 du chapitre I du titre III du livre IV de la partie réglementaire du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le document provisoire susceptible d'être délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, qu'il s'agisse du récépissé prévu à l'article R. 431-12 ou, lorsque la demande est déposée au moyen du téléservice ANEF, de l'attestation de prolongation d'instruction prévue au deuxième alinéa de l'article R. 431-15-1, n'a d'autre objet que d'autoriser son détenteur à séjourner sur le territoire français ainsi que, dans certains cas, à y exercer une activité professionnelle durant l'instruction de sa demande et que, dès lors, un étranger n'a le droit d'obtenir la délivrance ou le renouvellement d'un tel document par l'autorité administrative qu'aussi longtemps qu'il n'a pas été statué, expressément ou implicitement, sur sa demande de titre de séjour.

4. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. "

5. En application des dispositions citées au point précédent, le silence gardé pendant quatre mois par la préfète du Val-de-Marne sur la demande de titre de séjour mentionnée au point 2, dont rien ne laisse à penser qu'elle n'aurait pas été complète, a fait naître une décision implicite de rejet de cette demande le 28 juin 2024. Il s'ensuit, eu égard à ce qui a été dit au point 3, que, depuis cette date, Mme A B ne peut plus prétendre à la délivrance d'une attestation de prolongation de l'instruction de ladite demande, ni, en tout état de cause, d'un récépissé de celle-ci. Par suite, il apparaît manifeste que la mesure d'injonction qu'elle sollicite sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est dépourvue d'utilité et qu'elle ferait en outre obstacle à l'exécution de la décision implicite mentionnée ci-dessus.

6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme A B suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

7. La présente ordonnance ne fait pas obstacle à ce que, si elle s'y croit recevable et fondée, Mme A B saisisse le tribunal d'une requête en annulation de la décision implicite de rejet mentionnée au point 5 et qu'elle l'assortisse d'une demande de suspension de l'exécution de cette décision présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

Fait à Melun, le 10 décembre 2024

Le juge des référés,

Signé : P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,