Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415345
vendredi 27 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415345 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, Mme A B, représentée par Me Funck, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de réexaminer sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, en l'attente, une autorisation provisoire de séjour d'une durée supérieure à 6 mois ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat et en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou, à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement de cette somme à son profit au titre des seules dispositions de l'article L. 761-1 du même code.
Elle soutient que :
En ce qui concerne la condition d'urgence :
- la condition d'urgence est présumée ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision contestée a pour effet de la placer en situation irrégulière, de la priver de ses prestations sociales, de ses indemnités de congé maternité et de l'empêcher de reprendre son activité professionnelle.
En ce qui concerne le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision contestée est entachée d'une insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- elle méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par deux nouveaux mémoires, enregistrés le 26 décembre 2024, Mme B d'une part, conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite litigieuse, et, d'autre part, indique maintenir ses conclusions présentées au titre de l'aide juridictionnelle provisoire et sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 décembre 2024, le préfet du Val-de-Marne, représenté par le cabinet Actis et avocats, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que Mme B a été convoquée aux services de la préfecture le 26 décembre 2024 afin de retirer son titre de séjour.
Vu :
- la requête n° 2415341, enregistrée le 11 décembre 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné Mme Bousnane, conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 27 décembre 2024 à 10 heures :
- le rapport de Mme Bousnane, juge des référés,
- et les observations de Me Benzyna, avocat, représentant le préfet du Val-de-Marne.
Mme B n'étant ni présente, ni représentée.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante thaïlandaise née le 15 avril 1997 à Nakhon Phanom (Thaïlande), a demandé, le 28 mai 2024 le renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Elle demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle sa demande a été rejetée.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre Mme B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur le non-lieu à statuer sur les conclusions à fin de suspension :
4. Par deux nouveaux mémoires, enregistrés le 26 décembre 2024, Mme B conclut au non-lieu à statuer sur ses conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour. Elle soutient qu'elle a été convoquée aux services de la préfecture le 26 décembre 2024 entre 9 heures et 11 heures 30 afin de récupérer un titre de séjour et qu'elle s'est ainsi vue délivrer une carte de séjour pluriannuelle valable du 1er août 2024 au 31 juillet 2026. Dès lors que ces conclusions afin de non-lieu ont été présentées à bon droit, il n'y a pas lieu de les regarder comme équivalent à un désistement. Il suit de là que, ainsi que le fait d'ailleurs également valoir en défense le préfet du Val-de-Marne, il y a lieu de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête de Mme B.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Funck, avocate de Mme B., en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son admission définitive au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve que son avocate renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
O R D O N N E :
Article 1 : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme B tendant à la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande de renouvellement de titre de séjour présentée le 28 mai 2024.
Article 3 : Il est mis à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Funck, avocate de Mme B., en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de son admission définitive au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sous réserve que son avocate renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Funck et au ministre de l'intérieur.
Copie de la présente sera adressée au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 27 décembre 2024.
La juge des référés,
L. BOUSNANELa greffière,
C. SISTAC
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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