Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415685
mardi 31 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2415685 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2024, Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des délibérations n° 2024.059 et 2024.060 du
5 décembre 2024 par lesquelles le conseil municipal de Montévrain a, d'une part approuvé l'acquisition de la parcelle n° ZA 338 sise 27 rue de Rome au prix de 3 150 000 euros HT pour la réalisation d'une mairie annexe, et d'autre part modifié le budget de la commune au titre de l'année 2024.
Elle soutient que :
- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que l'acte d'achat de l'immeuble " Le Silver " et l'emprunt associé doivent être signés au cours du mois de décembre 2024, alors que les finances de la commune sont sous tension ;
- cette acquisition est rapide alors que le bâtiment en litige n'a pas trouvé preneur pendant quatre ans ;
- le maire n'a pas apporté de justifications économiques à ce projet, en méconnaissance des principes de transparence et de bonne administration, alors que l'analyse et le contrôle des dossiers est une faiblesse de l'équipe majoritaire ;
- les délibérations en litige sont entachées de vices de procédure, faute d'avoir été précédées d'une décision motivée et d'avoir respecté les formalités administratives imposées par le code général des collectivités territoriales ;
- les coûts futurs de l'installation de nouveaux services dans cette mairie annexe ne sont ni estimés ni prévus, alors que certains services ne seront pas intégrés dans ces nouveaux locaux.
Vu :
- la requête enregistrée le 18 décembre 2024 sous le n° 2415679 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence (), le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article
L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Par deux délibérations n° 2024.059 et 2024.060 du 5 décembre 2024, le conseil municipal de Montévrain a approuvé le projet d'acquérir la parcelle n° ZA 338 sise 27 rue de Rome au prix de 3 150 000 euros HT, et a modifié le budget de la commune au titre de l'année 2024. Mme B, habitante de la commune et référente de quartier, demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de ces deux délibérations.
4. Pour soutenir que la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité serait remplie, Mme B se prévaut des conséquences graves et immédiates sur les finances de la commune de l'acquisition d'un immeuble et des modifications apportées au budget 2024 pour en assurer le financement. Toutefois, la seule circonstance de l'imminence de signature de l'acte d'achat et de l'emprunt correspondant ne suffit pas à caractériser l'urgence de la demande présentée par Mme B, alors que les pièces produites à l'appui de la requête ne permettent pas d'illustrer l'existence d'un risque pesant sur l'état général des finances publiques de la commune au 5 décembre 2024, date d'adoption des délibérations contestées. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension immédiate des délibérations en litige.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité des délibérations litigieuses, que les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
La juge des référés,
Signé : C. Letort
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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