Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2415956

vendredi 27 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2415956
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A. Celle-ci demandait d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de remplacer un professeur absent et de rattraper les heures perdues pour la scolarité de son fils. Le juge estime que la requérante n'établit pas l'utilité de la mesure, faute de préciser de quel professeur elle demande le remplacement pérenne parmi plusieurs absences ponctuelles. La condition d'utilité n'étant pas remplie, la demande est rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2024, Mme B A, agissante en sa qualité de représentante légale de son fils mineur, C A, et représentée par Me Pitcher, avocat, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de remplacer le professeur absent depuis plus de quinze jours dans la classe de C A, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de pourvoir au rattrapage de toutes les heures d'enseignement perdues dans la classe de C A, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que son fils, scolarisé en classe de quatrième au sein du collège Albert Camus situé au Plessis-Trévise, a subi 9 heures d'absence de la part de l'un ou de plusieurs de ses professeurs depuis le 4 novembre 2024 de sorte qu'en l'absence de remplaçant, son éducation et son apprentissage sont mis en péril, lui créant un grave préjudice qui s'aggrave chaque jour ;

- la mesure sollicitée présente un caractère utile afin de garantir le droit à l'instruction de son fils ;

- cette mesure ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, et notamment son préambule ;

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné Mme Bousnane, conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Par sa requête, Mme B A, agissante en sa qualité de représentante légale de son fils mineur, C A, demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une part, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de remplacer le professeur absent depuis plus de quinze jours dans la classe de C A, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et, d'autre part, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de pourvoir au rattrapage de toutes les heures d'enseignement perdues dans la classe de C A, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente ordonnance et sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. S'agissant de la condition d'urgence, il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si la situation portée à sa connaissance est de nature à porter un préjudice suffisamment grave et immédiat à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3, ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave, la circonstance qu'une décision administrative refusant la mesure demandée au juge des référés intervienne postérieurement à sa saisine ne saurait faire obstacle à ce qu'il fasse usage des pouvoirs qu'il tient de l'article L. 521-3.

En ce qui concerne les conclusions tendant au remplacement d'un professeur absent :

4. En premier lieu, Mme A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de remplacer le professeur absent depuis plus de quinze jours dans la classe de quatrième de son fils C A. Elle précise que son fils a subi 9 heures d'absence de la part d'un ou plusieurs professeurs depuis le 4 novembre 2024. Toutefois, en se bornant à demander le remplacement " d'un professeur absent ", alors qu'elle se prévaut de l'absence de plusieurs professeurs, et à produire des emplois du temps allant du 23 septembre au 13 décembre 2024 indiquant quelques absences plus ou moins régulières de différents professeurs d'éducation musicale, de mathématique, d'anglais, de sciences et vie de la terre, d'histoire géographie, d'allemand et de français, sans préciser de quel professeur elle demande le remplacement de manière pérenne, Mme A n'établit pas l'utilité de la mesure de remplacement d'un professeur dont elle fait la demande. Au surplus, en ne se prévalant que de neuf heures d'absence de différents professeurs depuis le début de l'année scolaire et eu égard au cursus scolaire poursuivi par son fils, non sanctionné en fin d'année par un diplôme, Mme A ne justifie pas que la condition d'urgence exigée par les dispositions précitées serait remplie.

6. Il résulte de ce qui précède que la demande présentée par Mme A tendant à ce qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Créteil de remplacer le professeur absent dans la classe de son fils mineur doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres conditions prévues à l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

En ce qui concerne les conclusions tendant au rattrapage des heures d'enseignement manquées :

7. En second lieu, Mme A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil de pourvoir au rattrapage de toutes les heures d'enseignement perdues dans la classe de C A, Toutefois, la mesure ainsi sollicitée, qui ne présente pas de caractère provisoire ou conservatoire, n'est pas au nombre des mesures qui peuvent être présentées au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il suit de là que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la rectrice de l'académie de Créteil de pourvoir au rattrapage des heures d'enseignement manquées doivent être rejetées comme irrecevables.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Melun, le 27 décembre 2024.

La juge des référés,

L. BOUSNANE

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,