Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2416035
samedi 28 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2416035 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 décembre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre la décision en date du 6 novembre 2024, notifiée le
13 décembre 2024, par laquelle le président de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne a prononcé son exclusion pour une durée de dix-huit mois dont trois mois ferme avec annulation corrélative de l'épreuve au cours de laquelle elle a commis la fraude qui lui est incriminée ou, à défaut, la réformation de cette décision afin qu'elle puisse prendre part à la session d'examens programmée pour le mois de janvier 2025.
Elle soulève les moyens suivants :
- la condition de l'urgence est remplie dès lors que la sanction emportée par la décision dont elle demande la suspension fait obstacle à ce qu'elle passe ses examens de janvier, l'empêchant ainsi de valider un semestre d'études ;
- la décision litigieuse a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de réceptionner le courrier la convoquant à la séance de la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne qui s'est tenue le 6 novembre 2024 pour statuer sur son affaire ;
- elle n'aurait pas pu se rendre à cette séance dès lors qu'elle était organisée en même temps que l'un de ses cours ;
- la sanction qu'elle emporte est disproportionnée dès lors qu'elle fraude pour la première fois, qu'elle a obtenu une meilleure note à l'épreuve de rattrapage qu'à celle durant laquelle elle a fraudé et qu'elle a ainsi démontré sa capacité à réussir honnêtement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Issard, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. D'autre part, aux termes de l'article R. 811-11 du code de l'éducation : " Relève du régime disciplinaire prévu aux articles R. 811-10 à R. 811-42 tout usager de l'université lorsqu'il est auteur ou complice, notamment : 1° D'une fraude ou d'une tentative de fraude commise notamment à l'occasion d'une inscription, d'une épreuve de contrôle continu, d'un examen ou d'un concours. "
3. Il résulte de l'instruction que Mme B, alors étudiante en deuxième année de licence en langues étrangères appliquées au sein de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne, a été surprise le 21 mai 2024 en possession d'aide-mémoires reprenant des éléments de cours durant une épreuve de droit. Elle a par la suite été convoquée le 6 novembre 2024 afin d'être entendue devant la section disciplinaire du conseil académique compétente à l'égard des usagers de l'Université Paris-Est Créteil Val-de-Marne mais n'a pas déféré à cette convocation. Par une décision du 6 novembre 2024, dont la requérante demande la suspension, le président de cette section a prononcé son exclusion pour une durée de dix-huit mois dont trois mois ferme avec annulation corrélative de l'épreuve au cours de laquelle elle a fraudé.
4. Aucun des moyens soulevés par la requête n'est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er: La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
La juge des référés,
Signé : C. Issard
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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