mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2501318 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 janvier 2025, Mme C A épouse B, représenté par Me Estère, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative
1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, dans un délai de trois jours à compter du prononcé de l'ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de carte de séjour assorti d'une autorisation de travail ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 900 euros au titre des frais exposés pour sa défense en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que, de nationalité congolaise, elle a déposé le 18 décembre 2023 en préfecture de Seine-et-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale, qu'elle n'a reçu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car son conjoint est titulaire d'une carte de résident et qu'elle a eu deux enfants avec lui, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante congolaise (République démocratique du Congo) née le 1er juin 1993 à Kinshasa, entrée en France en 2012, a sollicité le 17 mai 2016 la délivrance d'une carte de séjour temporaire au titre de l'admission exceptionnelle au séjour au préfet de la Seine-Saint-Denis. Une décision implicite de rejet de sa demande est née du silence gardé pendant quatre mois par l'administration, qui a été annulée par un jugement rendu le
4 juillet 2017 par le tribunal administratif de Montreuil. Par un arrêté du 23 juin 2017, le préfet de la Seine-Saint-Denis a rejeté la même demande d'admission exceptionnelle au séjour. Par un jugement du 16 octobre 2017, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté la requête dirigée contre cette décision. A la suite de l'injonction tendant au réexamen de la situation de
Mme A prononcée par le jugement du 4 juillet 2017 et au vu des nouveaux éléments présentés par l'intéressée, le préfet de la Seine-Saint-Denis, par un nouvel arrêté du
16 janvier 2018, lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office à l'expiration de ce délai. La requête formée contre cette décision a été rejetée par le tribunal administratif de Montreuil du 12 avril 2018. Mme A n'a exécuté aucune de ces décisions. Le 26 août 2023, elle a épousé en mairie de Quincy-Voisins
(Seine-et-Marne) un compatriote, titulaire d'une carte de résident, avec qui elle avait eu deux enfants nés en octobre 2021 et décembre 2022 à Meaux (Seine-et-Marne). Le 18 décembre 2023, elle a fait parvenir en préfecture de Seine-et-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de la vie privée et familiale et n'a eu aucune réponse. Par une requête présentée le 29 janvier 2025, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :
" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de
quatre mois. () ".
5. En l'espèce, outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, le défaut de réponse du préfet de
Seine-et-Marne dans le délai de quatre mois après le dépôt allégué de sa demande de renouvellement de son titre de séjour déposée le 18 décembre 2023, et en l'absence de toute demande de pièces complémentaires susceptibles de prolonger le délai d'instruction, a fait naître, à la date du 19 avril 2024, une décision implicite de rejet opposée à la demande présentée par Mme A.
6. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande présentée par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
7. Dans ces conditions, la requête de Mme A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B et au préfet de Seine-et-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
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03/08/2026