jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2501460 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er février 2025, complétée le 25 février 2025, M. A B doit être entendu comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la délivrance immédiate de sa carte VTC renouvelée par la préfecture du Val-de-Marne dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une indemnisation de 12 500 euros pour perte de revenus, de 10 000 euros pour perte de chance et de 5 000 euros pour préjudice moral ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, le 27 septembre 2023, il a déposé une première demande de renouvellement en ligne de sa carte professionnelle expirée de conducteur de voiture de transport avec chauffeur sur le site internet dédié de la préfecture du Val-de-Marne, que cette demande a été classée sans suite par la préfecture du Val-de-Marne le 16 mai 2024 car il n'avait pas fourni certains documents dont la préfecture du Val de Marne était pourtant en possession depuis le
4 janvier 2024, qu'il a déposé une nouvelle demande le 15 juillet 2024 dont il n'a été accusé réception que le 3 septembre 2024, qu'il lui a été demandé le 11 septembre 2024 des pièces complémentaires qu'il a communiqué dans l'heure, que, le 20 janvier 2025, la préfecture du
Val-de-Marne lui a demandé de produire une visite médicale sous cinq jours alors qu'il en a déjà produit une, ce qu'il a fait le 1er février 2025, que la condition d'urgence est satisfaite car il ne peut exercer sa profession et que l'administration est dans l'obligation de lui délivrer sa carte professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des transports ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 juillet 2024, M. B a déposé une demande de renouvellement de sa carte professionnelle de conducteur de voiture avec chauffeur sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne. Sa demande a été enregistrée le 3 septembre 2024. Des pièces complémentaires lui ont été demandées le 11 septembre 2024, communiquées le jour-même. Il n'a plus eu de nouvelles après cette date, puis, le 30 janvier 2025, il lui a été demandé de produire, sous cinq jours, un certificat médical établi par un médecin agréé par la préfecture du Val-de-Marne " avec la mention " VTC " cochée ainsi que l'aptitude à la conduite de véhicules du " groupe lourd pour le CERFA n° 14880*2 ". M. B a produit le certificat le
1er février 2025. Par une requête enregistrée le 1er février 2025, il doit être entendu comme sollicitant du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, notamment d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer sa carte professionnelle.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".
3. Le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le dossier de renouvellement de sa carte professionnelle en qualité de conducteur de voiture avec chauffeur n'a été complété que le 1er février 2025 par la production d'un certificat médical établi par un médecin agréé par la préfecture du Val-de-Marne, document dont l'absence avait d'ailleurs motivé la clôture de la précédente de M. B le 16 mai 2024. Dans ces circonstances, la demande du requérant ne remplit pas, en l'état de l'instruction, la condition d'urgence à laquelle les dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative subordonnent le prononcé d'une mesure utile.
5. Par suite, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
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