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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501634

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501634

lundi 10 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501634
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Refus de suspension d'une sanction d'exclusion définitive d'un lycée. Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, l'intéressé, majeur et non soumis à l'obligation scolaire, ne justifiant pas d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation par sa seule déscolarisation. La demande de suspension de la décision de la rectrice de l'académie de Créteil confirmant l'exclusion a donc été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 février 2025, M. B A, représenté par Me Cherrak, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 8 janvier 2025 par laquelle la rectrice de l'académie de Créteil a expressément rejeté sa demande d'annulation de la sanction d'exclusion définitive sans sursis prononcée à son encontre le 18 novembre 2024 par le conseil de discipline du lycée Langevin Wallon de Champigny-sur-Marne ;

3°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Créteil d'annuler cette sanction et, en conséquence, de le réintégrer au sein de son établissement, en attendant le jugement de sa requête en annulation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de l'éducation ;

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. A, qui est né le 6 mai 2006, s'est vu infliger le 18 novembre 2024, par le conseil de discipline du lycée Langevin Wallon de Champigny-sur-Marne, où il était alors élève en première année de brevet de technicien supérieur, la sanction de l'exclusion définitive de cet établissement, sans sursis, au motif qu'il avait commis des violences physiques sur un professeur. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de la décision du 8 janvier 2025 par laquelle la rectrice de l'académie de Créteil, statuant, après avis de la commission académique prévue à l'article R. 511-49 du code de l'éducation, sur l'appel qu'il a formé contre cette sanction, a annulé celle-ci pour vices de forme et de procédure et prononcé à nouveau à son encontre la même sanction.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision en litige, M. A se borne à faire valoir qu'il est déscolarisé depuis le 18 novembre 2024 et que les différentes démarches qu'il a accomplies en vue d'obtenir une réaffectation ou une formation en alternance ont échoué. Dès lors que l'intéressé, majeur, n'est plus soumis à l'obligation scolaire, les seules circonstances ainsi invoquées ne peuvent toutefois être regardées comme suffisant à permettre de regarder la condition d'urgence posée à l'article L. 521-1 du code de justice administrative comme remplie en l'état de l'instruction.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. A, qu'il y a lieu de rejeter la requête de celui-ci, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, suivant la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me Cherrak.

Fait à Melun, le 10 février 2025.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne à la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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