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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2501848

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2501848

mardi 25 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2501848
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la requête de Mme C, ressortissante béninoise, qui demandait le rétablissement de ses droits au séjour en tant qu’épouse d’un Français et mère d’un enfant français. La requête est jugée irrecevable car elle ne se rattache à aucune procédure d’urgence prévue par le code de justice administrative (suspension, liberté fondamentale ou mesure utile). Le tribunal relève que l’absence de réponse de l’administration à sa demande de titre de séjour a fait naître une décision implicite de rejet, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, rendant la demande sans utilité. En conséquence, la requête est rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 février 2025, Mme B C demande au juge des référés le rétablissement de tous ses droits.

Elle soutient qu'étant mariée depuis le 19 décembre 2020 et mère d'un enfant français, elle a un droit au séjour, que plusieurs récépissés de demandes de titre de séjour lui ont été délivrés dont le dernier valable jusqu'au 13 juin 2023, qu'elle n'a eu aucun retour de la préfecture ou du ministre de l'intérieur, qu'elle n'est titulaire d'aucun titre de séjour, ce qui lui cause préjudice et porte atteinte à son droit d'obtenir un titre de séjour, et qu'elle demande le rétablissement de ses droits.

La présidente du tribunal a désigné M. D, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C née A, ressortissante béninoise née le 20 juin 1989, entrée en France, selon ses déclarations, en 2012 en vue de suivre ses études, indique avoir déposé une demande de titre de séjour en se prévalant de sa qualité d'épouse d'un ressortissant français et de mère d'un enfant français. Elle a d'ailleurs reçu plusieurs récépissés de demande de titre dont le dernier était valable jusqu'au 13 juin 2023. Par une requête enregistrée le 9 février 2025, elle demande au juge des référés le rétablissement de tous ses droits.

2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 521-2 du même code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même

code : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".

4. Par ailleurs, l'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

5. A défaut pour le demandeur de préciser lequel de ces articles il entend invoquer, il appartient au juge saisi de préciser la portée de la demande au vu de tous les éléments d'appréciation dont il dispose. Constituent des critères d'interprétation de la demande les termes des conclusions, l'ensemble de l'argumentation ou la circonstance qu'aucune requête en annulation ou en réformation d'une décision administrative n'a été présentée.

6. En l'espèce, telle qu'elle est formulée, la requête de Mme C n'est susceptible de se rattacher à aucune des procédures d'urgence du titre II du livre V du code de justice administrative, la requête n'étant accompagnée d'aucune requête distincte en annulation et

Mme C ne sollicitant la suspension d'aucune décision. Elle ne fait par ailleurs valoir aucune circonstance particulière à l'appui de la condition d'urgence de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qui imposerait qu'une injonction soit prononcée dans un délai de 48 heures. Enfin, dès lors que Mme C soutient elle-même avoir déposé un dossier de demande de titre pour lequel un récépissé valable jusqu'au 13 juin 2023 lui a été remis, l'absence de réponse à sa demande de titre de séjour dans un délai de quatre mois, conformément aux dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fait naître une décision implicite de rejet, de sorte que la demande de Mme C, à la supposer présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

7. Par suite, la requête de Mme C ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.

Fait à Melun, le 25 février 2025.

Le juge des référés

Signé : O. D

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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