Le Tribunal administratif de Melun, statuant par ordonnance, a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur la requête de Mme A... qui demandait l’annulation du refus implicite du préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour « salarié ». En effet, postérieurement à la saisine du tribunal, le préfet lui a délivré une carte de séjour « vie privée et familiale », titre équivalent permettant de travailler, ce qui a privé le litige d’objet. Les conclusions à fin d’injonction ont été rejetées par voie de conséquence, et la demande de frais d’instance a été rejetée. Cette décision est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 février et 16 septembre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Pierre, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « salarié » ;
2°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer une carte de séjour mention « salarié » dans le délai d’un mois suivant le jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans ce même délai ;
3°) de mettre à la charge de l’État le versement à son égard de la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête et les pièces ont été communiquées au préfet de Seine-et-Marne, qui a produit une capture d’écran issue de l’« application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France » (AGDREF).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : 3Constater qu’il n’y a pas lieu à statuer sur une requête (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; (…) ».
Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l’annulation d’une décision refusant un titre de séjour lorsque l’autorité administrative a délivré le titre de séjour demandé, ou un titre équivalent, après la saisine de la juridiction.
Postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet de Seine-et-Marne a produit une capture d’écran issue de l’« application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France » (AGDREF) indiquant qu’une carte de séjour valable du 25 juillet 2025 au 24 juillet 2026 a été remise à la requérante le 2 septembre 2025. Si la requérante fait valoir que le titre de séjour délivré porte la mention « vie privée et familiale » et non, comme demandé, la mention « salarié », cette seule circonstance ne saurait suffire à établir que le litige conserverait son objet, alors notamment qu’un tel titre de séjour permet à son titulaire de travailler. Ainsi, compte tenu de la délivrance d’un titre de séjour équivalent au titre sollicité, le litige a perdu son objet. Par suite, les conclusions aux fins d’annulation sont devenues sans objet, il n’y a dès lors plus lieu d’y statuer, et les conclusions à fin d’injonction ne peuvent, par voie de conséquence, qu’être rejetées.
Dans les circonstances de l’espèce, il n’y a pas lieu de mettre à la charge de l’État le versement de la somme sollicitée par Mme A... au titre des frais d’instance.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation de la requête de Mme A....
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au préfet de Seine-et-Marne.
Le président de la 2ème chambre,
D. LALANDE
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,