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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2503704

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2503704

vendredi 6 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2503704
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème chambre
Avocat requérantREDILEX AVOCATS FERDI-MARTIN PREIRA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de M. A... B... visant à annuler un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français (OQTF) et une interdiction de retour d'un an. Le tribunal a jugé que le préfet du Nord n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, l'intéressé ne justifiant pas d'un séjour régulier et ses allégations étant contredites et non étayées par des pièces. La décision s'appuie sur les articles L. 611-1 et L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 mars 2025, M. C... A... B..., représenté par Me Ferdi-Martin, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 16 février 2025 par lequel le préfet du Nord l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet territorialement compétent de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l’interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d’erreur d’appréciation des circonstances humanitaires faisant obstacle à son édiction.


Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2025, le préfet du Nord, représenté par Me Rannou, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A... B... ne sont pas fondés.


Par une lettre du 18 septembre 2025, les parties ont été informées, en application de l’article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d’appeler l’affaire à une audience et que l’instruction pourrait être close à partir du 20 octobre 2025 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture de l’instruction immédiate a été prise le 31 octobre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le rapport de Mme Flandre Olivier, conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.



Considérant ce qui suit :

1. M. A... B..., ressortissant égyptien, est entré en France le 3 juin 2020 selon ses déclarations. Par arrêté du 16 février 2025, le préfet du Nord l’a obligé à quitter le territoire français sans délai en application du 1° de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d’office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée d’un an. M. A... B... demande au tribunal d’annuler cet arrêté.


Sur les conclusions à fin d’annulation :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. Aux termes de l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu’il se trouve dans les cas suivants : / 1° L’étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s’y est maintenu sans être titulaire d’un titre de séjour en cours de validité ; (…) ».

3. Si M. A... B... soutient qu’il est entré sur le territoire français en 2021, qu’il est salarié en contrat à durée indéterminée en tant que peintre depuis plus de dix ans, qu’il est locataire de son logement et s’acquitte de ses obligations fiscales et a sollicité un rendez-vous auprès de la préfecture pour régulariser sa situation, il ne produit aucune pièce à l’appui de ses allégations, qui, au demeurant, présentent des contradictions quant à sa date d’entrée en France et à l’ancienneté de son emploi. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste dans l’appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l’intéressé ne peut qu’être écarté.

4. Il résulte de ce qui précède que M. A... B... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 16 février 2025.


En ce qui concerne la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

5. Aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, qui se substitue à l’article L. 511-1 : « Lorsqu’aucun délai de départ volontaire n’a été accordé à l’étranger, l’autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d’une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l’autorité administrative n’édicte pas d’interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l’expiration d’une durée, fixée par l’autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l’exécution de l’obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l’ordre public ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l’autorité administrative tient compte de la durée de présence de l’étranger sur le territoire français, de la nature et de l’ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu’il a déjà fait l’objet ou non d’une mesure d’éloignement et de la menace pour l’ordre public que représente sa présence sur le territoire français (…) ».

6. M. A... B... a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français qui n’est assortie d’aucun délai de départ volontaire. En application de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il appartenait au préfet du Nord de prononcer à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français. Compte-tenu de l’absence d’insertion professionnelle avérée et d’intégration de M. A... B..., qui est célibataire et sans charge de famille et ne fait état d’aucune circonstance humanitaire, le préfet du Nord n’a pas entaché sa décision d’une erreur d’appréciation au regard des dispositions de l’article L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile en fixant à un an la durée de cette interdiction de retour sur le territoire français. Le moyen doit donc être écarté.

7. Par suite, les conclusions de M. A... B... tendant à l’annulation de la décision prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an doivent être rejetées.


8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation de M. A... B... doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d’injonction et de ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A... B... et au préfet du Nord.


Délibéré après l’audience du 23 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,
Mme Iffli, conseillère,
Mme Flandre Olivier, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2026.


La rapporteure,

L. FLANDRE OLIVIER
La présidente,

N. MULLIÉ


La greffière,





V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière

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