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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504092

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504092

lundi 25 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504092
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C épouse B. Celle-ci demandait qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, en raison de l'absence de réponse à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée en janvier 2023. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour la requérante de justifier des circonstances de son entrée et séjour en France et de démontrer l'impact du défaut de titre sur sa situation personnelle et professionnelle. La décision rappelle que l'exécution d'un précédent jugement annulant un refus implicite pour défaut de motivation ne peut être poursuivie par la voie du référé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 mars 2025, Mme A C épouse B,

représentée par Me Netry, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou à titre subsidiaire de réexaminer son dossier dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que son conjoint vit en situation régulière en France, pays dans lequel elle a sa résidence habituelle et permanente et est intégrée socialement et professionnellement ;

- le couple a deux enfants, dont l'un est scolarisé ;

- aucune réponse n'a été donnée à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail, présentée le 19 janvier 2023 ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. Mme C épouse B, ressortissante algérienne née le 6 juin 1988 à Borj Bou Arreridj (Algérie), a saisi les services de la préfecture du Val-de-Marne le

19 janvier 2023 d'une demande de régularisation de sa situation administrative, restée sans réponse malgré des relances. Mme C épouse B demande, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du

Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et de réexaminer sa demande.

4. Toutefois, Mme C épouse B ne justifie pas de l'urgence de sa demande en se prévalant de la situation régulière de son conjoint, à défaut d'apporter la moindre précision sur les circonstances de son entrée et de son séjour sur le territoire français. De plus, Mme C épouse B n'illustre pas les incidences du défaut de document justificatif de son séjour sur sa situation personnelle et professionnelle. Si la requérante se prévaut de l'injonction de réexamen prononcée par ce tribunal, il ressort des termes du jugement n° 2313008 du 10 décembre 2024, dont l'exécution ne saurait être recherchée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, que la décision implicite de rejet de la demande de régularisation de situation administrative présentée par Mme C épouse B a été annulée pour défaut de motivation. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la mesure d'injonction sollicitée.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par Mme C épouse B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées, ainsi, par voie de conséquence, que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme C épouse B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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