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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504774

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504774

mercredi 23 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504774
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de suspension du refus implicite de renouvellement de titre de séjour de Mme C épouse A, au motif que le préfet du Val-de-Marne l’a convoquée pour retirer son titre. La requérante invoquait l’urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, fondé sur les articles L. 421-11 et L. 421-22 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que sur l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le tribunal a toutefois condamné l’État à verser 1 000 euros à la requérante au titre des frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 12 avril 2025, Mme B C épouse A, représentée par Me Diarra, demande au tribunal :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour prise par le préfet du Val-de-Marne ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de la convoquer en préfecture pour lui délivrer un récépissé ou une autorisation provisoire de séjour autorisant le travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, en attendant la décision du Tribunal à intervenir ;

3°) de décider en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative, que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été prise ;

4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- la condition d'urgence est en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement de titre de séjour ;

- le refus implicite du préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour affecte incontestablement ses droits alors qu'elle remplit les conditions de délivrance d'un titre de séjour en sa qualité de conjointe d'un étranger titulaire de séjour " Talent " Carte bleue européenne ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-11 et L. 421-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2025, le préfet du Val-de-Marne conclut à ce que le tribunal constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.

Il fait valoir que :

- une nouvelle convocation pour un rendez-vous fixé au 24 avril 2025 à 9h15 a été adressée à Mme C épouse A pour qu'elle retire son titre de séjour qui est disponible depuis le 15 novembre 2024 en préfecture ;

- Mme C épouse A ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence du fait de sa convocation auprès des services préfectoraux le 24 avril 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Rehman-Fawcett, conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur le non-lieu à statuer :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-1 du même code dispose : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d'audience.

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C épouse A a été convoquée par la préfecture du Val-de-Marne pour retirer son titre de séjour le 24 avril 2025 à 9h15. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à cette autorité ou à tout autre préfet territorialement compétent de lui délivrer une convocation en vue de la remise de ce document sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État, qui est, dans la présente instance, la partie perdante, une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme C épouse A et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme C épouse A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 2 : L'État (préfet du Val-de-Marne) versera à Mme C épouse A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé

C. REHMAN-FAWCETT

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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