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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504803

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504803

vendredi 16 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504803
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette requête, présentée devant le juge des référés du Tribunal administratif de Melun par M. A..., ressortissant ivoirien, porte sur l'impossibilité technique de déposer en ligne une demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant, en raison d'un dysfonctionnement de la plateforme "Administration numérique pour les étrangers en France". Le juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande d'injonction visant à contraindre le préfet du Val-de-Marne à convoquer le requérant et à lui délivrer un récépissé. Il a estimé que la mesure sollicitée se heurtait à une contestation sérieuse, le requérant n'ayant pas démontré avoir respecté les délais de dépôt prévus à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni justifié de l'urgence particulière requise pour ce type de référé subsidiaire.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 avril 2025, M. B... A..., représenté par Me Hug, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) enjoindre au préfet du Val-de-Marne de le convoquer dans un délai de 7 jours à compter de la notification de l'ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l’autorisant à travailler ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 2 000 euros os à verser son conseil au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que, de nationalité ivoirienne, il a été titulaire d’un titre de séjour portant la mention « étudiant – programme de mobilité » valable jusqu’au 7 septembre 2024, qu’il essaie depuis le mois de juillet 2024 de déposer sa demande de renouvellement sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France mais que cela est impossible car la plateforme n’a pas connaissance de la date de remise de son ancienne carte de séjour, que les démarches engagées auprès de la préfecture du Val-de-Marne sont restées sans réponse, que la condition d’urgence est satisfaite car il souhaite demander le renouvellement de son titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 8 avril 2025 au préfet du Val-de-Marne qui n’a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- l’arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :
M. A..., ressortissant ivoirien né le 18 novembre 1998 à Abobo (Abidjan) a été titulaire en dernier lieu d’un titre de séjour délivré par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu’au 7 septembre 2024. Il indique essayer depuis le mois de juillet 2024 de déposer sa demande de renouvellement de sa carte de séjour délivrée en qualité d’étudiant sur la plateforme de l’Administration numérique pour les étrangers en France mais cela s’est révélé impossible en raison d’un dysfonctionnement de celle-ci, aucune information sur la date de remise de sa précédente carte n’y étant mentionné. Les diverses saisines du préfet du Val-de-Marne effectuées sont restées sans réponse. Par une requête enregistrée le 7 avril 2025, il demande donc au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de le convoquer et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour l’autorisant à travailler.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
Aux termes de l’article R. 431-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; (…) ». Aux termes de l’article R. 431-15-1 du même code : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande (…) ».
Aux termes de l’article 1er de l’arrêté du 27 avril 2021 susvisé : « Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : 1° A compter du 1er mai 2021, les demandes de cartes de séjour temporaires portant la mention “ étudiant ” ou “ étudiant-programme de mobilité ” mentionnées aux articles L. 422-1 et L. 422-5 du même code; (…) ».
En l’espèce, si M. A... fait valoir avoir entamé ses démarches de demande de renouvellement de son titre de séjour au courant du mois de juillet 2024, il établit seulement avoir sollicité le 31 octobre 2024, soit près de deux mois après l’expiration de son titre de séjour, l’assistance des services préfectoraux pour l’enregistrement de sa demande.
Dans ces conditions, M. A... ne saurait se prévaloir de la condition d’urgence, la situation qu’il déplore ne résultant que de son retard à solliciter le renouvellement de celui-ci en dehors des délais mentionnés à l’article R. 431-15-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


O R D O N N E :


Article 1er : la requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet du Val-de-Marne.


Le juge des référés,



Signé : M. AYMARD

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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