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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2504817

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2504817

vendredi 22 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2504817
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

**Sujet principal :** Demande d'injonction pour obtenir un rendez-vous en préfecture afin de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. **Juridiction :** Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. **Solution retenue :** La requête est rejetée. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas remplie, la requérante ne justifiant pas de circonstances particulières caractérisant une nécessité impérieuse d'obtenir rapidement un rendez-vous, malgré sa situation irrégulière depuis plusieurs années. **Textes appliqués :** Articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative ; article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 avril 2025, Mme A C épouse B, représentée par Me Wak-Hanna, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à préfet du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous afin de déposer sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- elle est entrée en France le 6 mars 2019 munie d'un visa de type C et y réside de manière habituele depuis cette date ; elle a adressé une demande de rendez-vous pour le dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale les 20 avril et 21 décembre 2024 ; elle n'a reçu aucune réponse en dépit de ses relances ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut circuler librement sur le territoire français, qu'elle ne peut exercer une activité professionnelle en toute sérénité et que cette situation entraîne des conséquence graves sur sa vie en étant maintenue en situation irrégulière, alors même qu'elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de séjour ;

- la mesure sollicitée est utile pour préserver ses droit et libertés ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".

3. Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable.

4. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l'étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d'urgence particulière.

5. En l'espèce, alors qu'elle déclare résider habituellement en France depuis 2019, Mme C n'a sollicité un rendez-vous en préfecture en vue de régulariser sa situation que le 20 avril 2024. En l'absence de réponse, elle n'a procédé qu'à deux relances, les 27 décembre 2024 et 27 mars 2025. Les éléments, tirés de sa vie privée et familiale, de sa liberté d circulation et de l'exercice de son activité professionnelle dans des conditions peu sereines eu égard à sa situation administrative irrégulière, dont la requérante fait état pour tenter de justifier d'une situation d'urgence, sont présentés dans des termes très généraux et non circonstanciées, alors qu'il résulte des pièces jointes à la requête que Mme C vit dans cette situation depuis son entrée en France, qu'elle dispose d'un logement et d'un emploi, dont il n'est ni soutenu ni établi qu'il serait menacé. Dans ces conditions, Mme C ne peut être regardée comme justifiant d'une situation d'urgence et il y a en conséquence lieu de rejeter pour ce motif les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'elle présente.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme C présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B.

Fait à Melun, le 22 août 2025.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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