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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2505215

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2505215

jeudi 21 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2505215
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. C, qui demandait, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour retirer sa carte de séjour ou obtenir un nouveau récépissé. Le juge a estimé que la demande était dépourvue d’utilité, faute de décision favorable sur le renouvellement du titre, et qu’elle faisait obstacle à l’exécution de la décision implicite de rejet née le 2 décembre 2024, en application des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La condition d’urgence n’a pas été examinée en raison du caractère manifestement mal fondé de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 avril 2025, M. B M A C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vouspour retirer sa nouvelle carte de séjour ou obtenir un second récépissé de renouvellement, dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. C soutient que :

- il a demandé le renouvellement de sa carte de séjour d'une durée de dix ans le 2 juillet 2024 et a obtenu la délivrance d'un récépissé le 2 août, valide jusqu'en février 2025 ; depuis cette dernière date, il n'a reçu aucune réponse ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se retrouve en situation irrégulière, en dépit des relances effectuées auprès de la préfecture ;

- la mesure sollicitée est utile pour préserver ses droits ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. C a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 2 août 2024 et s'est vu délivrer à cette date un récépissé valable jusqu'au 1er février 2025. M. C ne démontre pas avoir obtenu une décision favorable sur cette demande, de sorte que les conclusions qu'il présente en vue d'obtenir un rendez-vous pour retirer un nouveau titre de séjour ne présentent aucun caractère d'utilité. Par ailleurs, en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois suivant sa présentation, soit le 2 décembre 2024. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. C doivent en conséquence être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. C présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B M A C.

Fait à Melun, le 21 août 2025.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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