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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2505849

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2505849

vendredi 25 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2505849
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet du Val-de-Marne. La décision attaquée était fondée sur l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, faute pour la requérante d’avoir produit les pièces demandées dans le délai imparti. Le tribunal a jugé que Mme B n’invoquait aucun moyen de légalité contre cette décision, se bornant à indiquer qu’elle avait désormais les documents requis, ce qui constitue un moyen inopérant. En conséquence, la requête a été rejetée par ordonnance sur le fondement du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 avril 2025, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 22 avril 2025 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation.

La requête de Mme B est énoncée en ces termes : " Suite à la décision du classement sans suite de mon dossier n°2024X246688, je souhaite faire une requête car j'ai effectivement pu avoir l'un des documents demandés, à savoir mon extrait de naissance en langue arabe. / Les autres documents sont également en ma possession pour que je puisse poursuivre ma demande de naturalisation ".

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n ° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. Aux termes de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " L'autorité qui a reçu la demande () peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ". Le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Toutefois, l'impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti, à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur, dont ce dernier a justifié et informé l'administration dans les meilleurs délais, est de nature à faire obstacle à un tel classement sans suite. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le respect de ces conditions d'application de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993. En l'absence de production des pièces demandées dans le délai imparti et de justification d'une impossibilité de respecter ce délai, l'autorité administrative dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour user de la faculté de classer sans suite la demande. Le juge de l'excès de pouvoir n'exerce alors qu'un contrôle restreint, en tenant compte de l'objet de la décision de classement sans suite, qui consiste seulement à mettre fin à l'instruction de la demande sans y statuer, et de la finalité du régime de classement sans suite, qui est d'améliorer l'efficacité des procédures d'instruction des demandes de naturalisation.

3. Il résulte de ce qui précède que, si le classement sans suite prononcé en application de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 constitue une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, il appartient seulement à ce dernier, saisi de moyens en ce sens à l'appui d'un recours en annulation, de contrôler si la décision ne repose pas sur une erreur de droit ou de fait, une inexacte application des conditions réglementaires ou un usage manifestement erroné de la faculté de classer sans suite la demande, et si elle n'est pas entachée de détournement de pouvoir, et de vérifier, le cas échéant d'office, si elle n'a pas été prise par une autorité incompétente. Le recours pour excès de pouvoir ouvert contre le classement sans suite a ainsi pour seul objet d'assurer le respect de la légalité par l'autorité chargée d'instruire la demande de naturalisation, et non d'offrir aux personnes intéressées une nouvelle chance de remplir, devant le tribunal, les lacunes qui demeuraient dans leur demande au terme du délai imparti par la mise en demeure qui leur avait été régulièrement adressée.

4. En l'espèce, il ressort des motifs de la décision attaquée que, pour procéder le 22 avril 2025 au classement sans suite de la demande de naturalisation présentée par Mme B, le préfet du Val-de-Marne s'est fondé sur le motif que, malgré la mise en demeure qui lui avait été adressée le 6 février 2025, l'intéressée n'avait pas produit les éléments sollicités dans le délai qui lui avait été imparti à cette fin.

5. Mme B ne soulève aucun moyen critiquant la légalité de cette décision mais se limite à soutenir qu'à la suite du classement sans suite de sa demande, elle a obtenu l'un des documents demandés, à savoir, selon ses termes, son " extrait de naissance en langue arabe ", et que les autres documents demandés sont également en sa possession. La requête ne comporte ainsi - en admettant même qu'elle ne soit pas dépourvue de motivation - que " des moyens inopérants " au sens du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le délai de recours contentieux étant expiré, il y a lieu, par application de ces dispositions, de rejeter la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 25 juillet 2025.

Le président de la 8ème chambre,

X. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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