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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2506181

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2506181

vendredi 23 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2506181
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme B épouse C, ressortissante congolaise, qui demandait le renouvellement de sa carte de résident ou la délivrance d'un récépissé. Le juge estime que l'absence de renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction au-delà du 26 décembre 2024 révèle une décision implicite de rejet de sa demande. Il rappelle qu'un refus de titre de séjour, même en cas de renouvellement de plein droit, ne constitue pas par lui-même une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2. La condition d'urgence n'étant pas caractérisée dans le cadre de cette procédure spécifique, la requête est rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 mai 2025, Mme A B épouse C, représentée par Me Tuendimbadi Kapumba, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer d'une carte de résident dans le délai de 48 heures suivant la notification du jugement à venir ou un récépissé avec autorisation de travailler, de traverser les frontières françaises et de maintien des droits sociaux ou encore une attestation de prolongation d'instruction avec autorisation de travailler et de maintien des droits sociaux ;

2°) de mettre à la charge du préfet de Seine-et-Marne la somme de 5 000 euros pour tous préjudices confondus et les frais d'instance à hauteur de 2 000 euros sur pied de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité congolaise, elle est en France depuis 2002, qu'elle a sollicité le renouvellement de sa carte de résident le 13 août 2024, qu'elle n'a eu qu'une attestation de prolongation d'instruction qui n'a pas été renouvelée.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle est placée en situation irrégulière et que cette situation porte une atteinte et manifestement illégale à sa liberté d'aller et de venir, au respect de sa vie privée et à son droit à travailler.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Mme A B épouse C, ressortissante congolaise (République démocratique du Congo) née le 2 février 1975 à Kinshasa, a sollicité le 13 août 2024, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, le renouvellement de sa carte de résident qui arrivait à échéance le 12 novembre 2024. Le préfet de Seine-et-Marne a mis à sa disposition une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 26 décembre 2024 qui n'a pas été renouvelée. Par une requête enregistrée le 5 mai 2025, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de renouveler son récépissé ou de lui délivrer sa carte de résident.

2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de délivrance d'un titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée, notamment en cas de demande de renouvellement d'un titre de séjour, si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

4 Aux termes de l'article L. 433-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve de l'absence de menace grave pour l'ordre public, de l'établissement de la résidence habituelle de l'étranger en France et des articles L. 411-5 et

L. 432-3, une carte de résident est renouvelable de plein droit ". Aux termes de l'article L. 433-3 du même code : " Lorsque l'étranger titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle d'une durée de quatre ans, d'une carte de résident ou d'un titre de séjour d'une durée supérieure à un an prévu par une stipulation internationale en demande le renouvellement, il peut justifier de la régularité de son séjour entre la date d'expiration de ce document et la décision prise par l'autorité administrative sur sa demande par la présentation de la carte ou du titre expiré, dans la limite de trois mois à compter de cette date d'expiration. (.) ".

5 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'attestation de prolongation d'instruction de Mme B n'a pas été renouvelée au-delà du 26 décembre 2024. Cette absence de renouvellement ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par le préfet de Seine-et-Marne à la demande de renouvellement de la carte de résident de l'intéressée présentée par l'intéressée le 13 août 2024.

6 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait, comme en l'espèce, de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame A B épouse C et au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. AYMARD

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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