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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2507072

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2507072

vendredi 20 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2507072
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante guinéenne, qui demandait la délivrance d'un récépissé l'autorisant à travailler. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante n'ayant pas déposé sa demande de renouvellement de titre de séjour dans les délais impartis par l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale n'a été caractérisée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 mai 2025, complétée le 27 mai 2025,

Mme B A, représentée par Me Mallet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de la convoquer dans un délai de 48 heures afin de lui remettre un récépissé l'autorisant à travailler ou de lui transmettre une attestation de prolongation d'instruction dans ce délai ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi de 1991, ou directement à elle en cas de refus d'aide juridictionnelle, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité guinéenne, elle est en France depuis 2013 et a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité de malade, dont le dernier était valable jusqu'au

7 mai 2025, qu'elle en a demandé le renouvellement sans obtenir de réponse de la préfecture du Val-de-Marne, que son contrat de travail a été suspendu ainsi que ses droits sociaux.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne peut plus travailler et risque de perdre son logement, et, sur le doute sérieux, que cette absence de décision porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale, à sa liberté d'exercer une activité professionnelle, à celle d'aller et de venir et à son droit au logement.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 mai 2025, le préfet du Val-de-Marne, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l'intéressée n'ayant pas déposé sa demande de titre de séjour dans les délais impartis et de manière incomplète, et à la mise à la charge de la requérante d'une somme de 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en réplique enregistré le 27 mai 2025, Mme A, représentée par

Me Mallet, conclut aux mêmes fins.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 mai 2025, tenue en présence de

Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de

Me Capuano, représentant le préfet du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant eu rejet de la requête.

La requérante, dûment convoquée, n'était ni présent ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1 Mme A, ressortissante guinéenne née le 27 février 1980 à Conakry, a été titulaire en dernier lieu d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans en qualité de malade délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 8 mai 2025. Elle en a demandé le renouvellement le 4 avril 2025 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France et n'a reçu aucune réponse. Son contrat de travail a été suspendu à l'échéance de son titre de séjour. Par une requête enregistrée le 21 mai 2025, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ou une attestation de prolongation d'instruction.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

5. Il résulte de l'article R. 431-5 du le code de l'entrée du séjour et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger qui séjourne déjà en France présente sa demande de titre de séjour dans les délais suivants " 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ". Aux termes de l'article R. 431-15-1 du même code : " Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / Lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu, le préfet est tenu de mettre à la disposition du demandeur via le téléservice mentionné au premier alinéa une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande dont la durée de validité ne peut être supérieure à trois mois. Ce document, accompagné du document de séjour expiré, lui permet de justifier de la régularité de son séjour pendant la durée qu'il précise. Lorsque l'instruction se prolonge, en raison de circonstances particulières, au-delà de la date d'expiration de l'attestation, celle-ci est renouvelée aussi longtemps que le préfet n'a pas statué sur la demande. () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration n'est tenue de délivrer une attestation de prolongation d'instruction, lorsque celle-ci se prolonge au-delà de la durée de validité du précédent titre, que dans le cas où la demande est complète et a été déposée dans les délais.

6. Or, il ressort des pièces du dossier que Mme A a déposé sa demande de renouvellement de sa carte de séjour le 4 avril 2025 alors que sa précédente carte arrivait à échéance le 8 mai 2025, soit au-delà du délai mentionné à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

7. Par suite, et quand bien même sa demande aurait comporté l'ensemble des pièces requises pour son instruction, ce qui est au demeurant contesté par le préfet du Val-de-Marne, elle ne saurait se prévaloir d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative dès lors que la situation qu'elle déplore résulte de son propre retard à déposer sa demande de renouvellement.

8. Il résulte de ce qui précède que sa requête ne pourra qu'être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions.

Sur les frais irrépétibles :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la requérante la somme réclamée par l'Etat (préfet du Val-de-Marne) en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A n'est pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : Les conclusions du préfet du Val-de-Marne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. AymardLa greffière,

Signé : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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