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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2507197

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2507197

mercredi 25 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2507197
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant par ordonnance, a rejeté la requête de M. A... B... qui contestait la fin de sa prise en charge en centre d’hébergement d’urgence par une association. La juridiction s’est déclarée incompétente, estimant que le litige, relatif à l’exécution d’un contrat avec une personne morale de droit privé dans le cadre du dispositif général d’hébergement d’urgence (article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles), relevait de la juridiction judiciaire. Elle a appliqué les articles R. 222-1 du code de justice administrative et L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles pour motiver son incompétence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 mai 2025 et 17 août 2025, M. C... A... B... demande au tribunal :

1°) annuler la décision par laquelle la directrice de l’Association France Fraternités a mis fin à la prise en charge de son hébergement en centre d’hébergement d’urgence ;

2°) d’ordonner son maintien en hébergement au sein de l’appartement situé 1, boulevard Crette Preignard à Montereau-Fault-Yonne.


Par un mémoire en défense enregistré le 16 juillet 2025, l’association France Fraternités conclut au rejet de la requête.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (...) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».


2. Aux termes de l’article L. 345-2-2 du code de l’action social et des familles : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence. / Cet hébergement d’urgence doit lui permettre, dans des conditions d’accueil conformes à la dignité de la personne humaine et garantissant la sécurité des biens et des personnes, de bénéficier de prestations assurant le gîte, le couvert et l’hygiène, une première évaluation médicale, psychique et sociale, réalisée au sein de la structure d’hébergement ou, par convention, par des professionnels ou des organismes extérieurs et d’être orientée vers tout professionnel ou toute structure susceptibles de lui apporter l’aide justifiée par son état, notamment un centre d’hébergement et de réinsertion sociale, un hébergement de stabilisation, une pension de famille, un logement-foyer, un établissement pour personnes âgées dépendantes, un lit halte soins santé ou un service hospitalier. / L’hébergement d’urgence prend en compte, de la manière la plus adaptée possible, les besoins de la personne accueillie, notamment lorsque celle-ci est accompagnée par un animal de compagnie ». Aux termes de l’article L. 552-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Sont des lieux d’hébergement pour demandeurs d’asile : / 1° Les centres d’accueil pour demandeurs d’asile définis à l’article L. 348‑1 du code de l’action sociale et des familles ; / 2° Toute structure bénéficiant de financements du ministère chargé de l’asile pour l’accueil de demandeurs d’asile et soumise à déclaration, au sens de l’article L. 322-1 du même code ». Aux termes de l’article L. 552-15 du même code : « Lorsqu’il est mis fin à l’hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551-14, l’autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d’hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu’il soit enjoint à cet occupant sans titre d’évacuer ce lieu. / La demande est portée devant le président du tribunal administratif, qui statue sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative (…) ».

3. En dehors du cas prévu par l’article L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il n’appartient qu’à la juridiction judiciaire de statuer sur une demande d’expulsion d’un occupant d’un immeuble appartenant à une personne morale de droit privé.

4. Il résulte de l’instruction que l’hébergement de M. A... B..., ressortissant de la République démocratique du Congo, était pris en charge par l’association France Fraternités. Il est constant que cette association est une personne morale de droit privé et que l’hébergement de M. A... B... a été assuré par cette association en exécution d’un contrat conclu le 5 juillet 2022. Dans ces conditions, la demande présentée par le requérant occupant d’un logement au sein d’un centre d’hébergement d’urgence géré par une association dans le cadre, non du dispositif d’hébergement pour demandeurs d’asile prévu aux articles L. 551-11 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, mais du dispositif d’hébergement d’urgence prévu à l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles, relève de la compétence du juge judiciaire.

5. Il résulte de ce qui vient d’être dit qu’il y a lieu de rejeter la requête comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à l’association France Fraternités.


Fait à Melun, le 25 février 2026.


La présidente de la 4ème chambre,





N. MULLIE

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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