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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2508878

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2508878

mercredi 17 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2508878
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du préfet du Val-de-Marne refusant un titre de séjour à M. A, ressortissant malien. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, défaut de motivation, violation du droit d'être entendu, erreur de droit, méconnaissance de l'article 8 de la CEDH et des articles L. 423-23 et L. 421-1 du CESEDA) n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d'urgence n'a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juin 2025, M. B A, représenté par Me Frydryszak, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision du 16 mai 2025 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne, à titre principal de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", ou à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de

100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie, alors en outre que l'absence de document justifiant de la régularité de son séjour l'expose au risque de perdre son emploi, alors qu'il a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance ;

- il n'est pas justifié de la compétence de l'auteur de la décision en litige ;

- cette décision n'est pas suffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu, du principe du droit de la défense et de la bonne administration dès lors qu'il a informé les services préfectoraux, lors du renouvellement de son récépissé, d'une proposition d'embauche dans le cadre d'un contrat à durée indéterminée ;

- elle est entachée d'une erreur de droit tirée du défaut d'examen de sa situation personnelle, à défaut d'examen par le préfet de la demande d'autorisation de travail déposée sur la plateforme dédiée le 11 mai et au guichet de la préfecture le 28 mai 2025 ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors qu'il est entré en France à l'âge de seize ans et justifie de son parcours d'intégration dans la société française ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu :

- la requête enregistrée le 16 juin 2025 sous le n° 2508346 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A, ressortissant malien né le 23 février 2000 à Bamako (Mali), entré en France le 31 octobre 2016, a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance le

26 décembre suivant. Le requérant s'est vu délivrer une carte de séjour annuelle mention " étudiant ", arrivée à expiration le 22 mai 2020, dont le renouvellement a été refusé par une décision du 21 juillet 2021. Cette décision a été annulée par un jugement n° 2110733 du présent tribunal en date du 30 décembre 2022, et une demande de titre de séjour mention " salarié " a été enregistrée le 22 mai 2024, en exécution de ce jugement. M. A demande, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté cette demande.

3. Au regard des pièces produites à l'appui de la requête, aucun des moyens soulevés par la requête n'est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, que les conclusions présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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