Le Tribunal administratif de Melun a rejeté comme irrecevable la requête de M. A... contestant un arrêté préfectoral du 6 mai 2025 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire et fixation du pays de destination. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 1er juillet 2025, était tardive car introduite après l'expiration du délai de recours d'un mois prévu à l'article L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La notification de l'arrêté, qui mentionnait les voies et délais de recours, avait été présentée à l'adresse du requérant le 15 mai 2025 et retournée avec la mention "pli avisé/non réclamé". L'ordonnance a été rendue sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juillet 2025, M. B... A... doit être regardé comme demandant au tribunal d’annuler les décisions du 6 mai 2025 par lesquelles le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera susceptible d’être éloigné d’office.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 décembre 2025, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, à titre principal comme étant irrecevable.
Par une décision du 17 septembre 2025, le bureau d’aide juridictionnelle du présent tribunal a constaté la caducité de la demande d’aide juridictionnelle de M. A....
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) et les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser (…) ». D’autre part, aux termes de l’article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ». Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision (…) ». Aux termes de l’article R. 421-5 du code de justice administrative : « Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ».
Il ressort des pièces du dossier que le pli contenant l’arrêté litigieux du 6 mai 2025, lequel mentionnait les voies et délais de recours, a été présenté à l’adresse mentionnée par
M. A... le 15 mai 2025, et retourné à l’expéditeur avec la mention « pli avisé / non réclamé ». Or, la requête de M. A... a été déposée au greffe du présent tribunal le 1er juillet 2025, soit au-delà de l’expiration du délai de recours d’un mois. Dans ces conditions, les conclusions de
M. A... tendant à l’annulation de l’arrêté du 6 mai 2025 sont irrecevables en raison de leur tardiveté. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de M. A....
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet de Seine-et-Marne.
Le président de la 2ème chambre,
D. LALANDE
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,