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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2509580

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2509580

lundi 11 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2509580
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSEILLER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de refus de titre de séjour opposée à M. A, ressortissant vénézuélien et conjoint de Français. Le juge a considéré qu'il n'y avait pas d'urgence justifiée, le requérant n'établissant pas de risque immédiat de perte d'emploi ou de situation irrégulière précaire. La demande a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2025, M. B A, représenté par Me Seiller, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite de refus de titre de séjour qui lui a été opposé par le préfet du Val-de-Marne ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de statuer sur sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de l'ordonnance à intervenir, injonction assortie d'une astreinte de 150 euros par jour de retard, en application des articles L. 911-1, L. 911-2, L. 911-3 du code de justice administrative, et en conséquence de le placer durant l'instruction de sa demande sous récépissé de demande de carte de séjour avec autorisation de travail accessoire ou sous autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, compte-tenu du précédent contentieux déjà engagé.

Il indique que, de nationalité vénézuélienne, entré en France le 14 février 2022 avec un visa d'étudiant, il a épousé une ressortissante française le 28 janvier 2023, qu'il a entamé des démarches de renouvellement de son titre de séjour auprès de la préfecture du Val-de-Marne puis de délivrance d'une carte de séjour en qualité de conjoint de français, et que toutes ses demandes sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France ont été clôturées et qu'il a saisi le préfet du Val-de-Marne, sans obtenir de réponse.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et est également conjoint de français, et il risque de perdre son travail, et, sur le doute sérieux, que sa demande n'a pas été examinée, que la décision contestée n'est pas motivée et méconnait les dispositions de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car il est marié avec une ressortissante française et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'arrêté du 27 avril 2021 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

- l'arrêté du 31 mars 2023 pris en application de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatif aux titres de séjour dont la demande s'effectue au moyen d'un téléservice ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 7 juillet 2025 sous le n° 2509579, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant vénézuélien né le 24 octobre 1986 à Caracas, est entré en France le 14 février 2022 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Santiago du Chili (Chili) et valable jusqu'au 13 février 2023. Il a validé son visa sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 27 février 2022. Il a épousé le 28 janvier 2023 en mairie de Saint-Maixent-sur-Vie (Vendée) une ressortissante française et le couple vit à La Varenne-Saint-Hilaire (Saint-Maur-des-Fossés, Val-de-Marne). Il a sollicité le 31 janvier 2023 sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne un rendez-vous en vue de demander le renouvellement de son titre de séjour et il lui a été répondu le 14 juin 2023 que cette démarché devrait être effectuée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Cette démarche été faite le 26 juin 2023 accompagnée d'une demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français. Cette dernière demande a été clôturée le 12 octobre 2023 car elle avait été formulée sous une référence erronée, celle de conjoint de ressortissant de l'Union Européenne. Il a déposé une nouvelle demande le titre de séjour en qualité de conjoint de français le 17 octobre 2023 qui a été aussi clôturée en raison de renseignements incorrectes sur sa conjointe. Il indique ensuite avoir déposé demande de titre de séjour sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne le 19 mars 2024, restée sans réponse, puis, enfin, une " pré-demande " de titre de séjour en qualité de conjoint de français sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 26 mars 2025. Par une requête enregistrée le 7 juillet 2025, il a demandé au tribunal l'annulation de la décision implicite qu'il estime s'être vu opposer à cette dernière demande et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose :

" Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. ()".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. Aux termes d'une part de l'article L. 423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 31 mars 2023 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : 1° A compter du 5 avril 2023, les demandes de cartes de séjour temporaires, de cartes de séjour pluriannuelles, de cartes de résident et de certificats de résidence algériens délivrés en application des articles L. 411-1, L. 411-4, L. 423-1, L. 423-2, L. 423-6 du même code ainsi que des stipulations combinées des articles 6 2 et 7 bis a de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié et des articles 7 quater et 10 1) a de l'accord franco-tunisien du 7 mars 1988 modifié ; () ".

5. Aux termes d'autre part de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. En cas de nécessité liée au déroulement des études ou lorsque l'étranger a suivi sans interruption une scolarité en France depuis l'âge de seize ans et y poursuit des études supérieures, l'autorité administrative peut accorder cette carte de séjour sous réserve d'une entrée régulière en France et sans que soit opposable la condition prévue à l'article

L. 412-1. Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 27 avril 2021 susvisé : " Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : 1° A compter du 1er mai 2021, les demandes de cartes de séjour temporaires portant la mention " étudiant " ou " étudiant-programme de mobilité " mentionnées aux articles L. 422-1 et

L. 422-5 du même code, de cartes de séjour pluriannuelles portant les mêmes mentions, délivrées en application des articles L. 422-6 et L. 433-4 du même code, ainsi que de certificats de résidence algériens portant la mention " étudiant " prévus au titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ; () ".

6. Aux termes enfin de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants :

() ; 2° Un visa de long séjour conférant à son titulaire, en application du second alinéa de l'article L. 312-2, les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9, L. 421-11 ou L. 421-13-1 à L. 421-24, ou aux articles L. 421-26 et L. 421-28 lorsque le séjour envisagé sur ce fondement est d'une durée inférieure ou égale à un an ; () ". Aux termes de l'article L. 312-2 du même code : " Tout étranger souhaitant entrer en France en vue d'y séjourner pour une durée supérieure à trois mois doit solliciter auprès des autorités diplomatiques et consulaires françaises un visa de long séjour dont la durée de validité ne peut être supérieure à un an. Ce visa peut autoriser un séjour de plus de trois mois à caractère familial, en qualité de visiteur, d'étudiant, de stagiaire ou au titre d'une activité professionnelle, et plus généralement tout type de séjour d'une durée supérieure à trois mois conférant à son titulaire les droits attachés à une carte de séjour temporaire ou à la carte de séjour pluriannuelle prévue aux articles L. 421-9, L. 421-11 et L. 421-13-1 à L. 421-24. ". Aux termes de l'article R. 431-5 du même code : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".

7. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France avec un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant valable jusqu'au 13 février 2023. En application des dispositions rappelées au point précédent, il était donc tenu de déposer sa demande de renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France avant le 14 décembre 2022. Or, il est constant qu'il ne l'a pas fait, et a déposé sa demande sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne le 31 janvier 2023. Si, par la suite, il a déposé différentes demandes sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, seule la dernière, déposée le 26 mars 2025, soit plus de deux ans après l'expiration du visa de long séjour de l'intéressé, semble répondre aux conditions réglementaires en la matière et avoir soumis les éléments nécessaires à son instruction.

8. Si cette dernière demande doit être considérée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet à la date du 27 juillet 2025, en application de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le requérant, qui a déposé une première demande de titre de séjour en qualité de conjoint de français, ne peut donc se prévaloir de la présomption d'urgence mentionnée au point 3, dès lors que la situation qu'il déplore ne résulte que de son propre retard et de sa propre négligence à solliciter le renouvellement de son précédent titre de séjour selon la procédure applicable.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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