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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2509807

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2509807

lundi 28 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2509807
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantVI VAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Val-de-Marne sur la demande de titre de séjour de M. A. Le juge a considéré que la condition d'urgence n'était pas établie, le requérant ne justifiant pas d'une situation suffisamment grave et immédiate au regard de l'intérêt public et de sa situation personnelle. En conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ont également été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2025, M. E A, représenté par Me Vi Van, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire :

2°) d'ordonner la suspension de la décision implicite de rejet, née du silence gardé par le préfet du Val-de-Marne sur sa demande du 9 janvier 2024 tendant à la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " travailleur temporaire " ;

3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et en tout état de cause avant le 31 juillet 2025, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article 37 de la loi n° 91- 647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à verser à son conseil, qui renonce dans ce cas à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- par courrier réceptionné le 14 avril 2025 il a demandé la communication des motifs de la décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour ;

- sa requête au fond est recevable, dès lors qu'une décision implicite de rejet est née et aucun délai ne lui est opposable et qu'il n'a pas été informé des voies et délais de recours ; sa requête en référé est également recevable ;

- il existe une urgence alors qu'il vient d'obtenir le diplôme de CAP " menuisier aluminium verre " et que son employeur l'a informé le 3 juillet 2025 que la promesse de l'embaucher en contrat à durée indéterminée ne serait plus valable à compter du 31 juillet 2025 s'il n'était pas en mesure de justifier d'un titre de séjour l'autorisant à travailler d'ici cette date ; il se trouvera alors privé de sa seule source de revenus ;

- il existe un doute sérieux sur la légalité dès lors que sa situation personnelle n'a pas été examinée sérieusement, que la décision attaquée n'est pas motivée, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, qu'elle méconnait l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, qu'elle méconnait l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2025, le préfet du Val-de-Marne représenté par Me Termeau conclut au rejet de la requête et demande de mettre à la charge du requérant la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée sous le n° 2507351, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné Mme Gougot,

vice-présidente, pour statuer en tant que juge des référés ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir, au cours de l'audience publique du 23 juillet 2025, tenue en présence de Mme Sistac, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :

- les observations de Me Vi Van représentant M. A, présent, qui soutient qu'il est entré en France en novembre 2022 alors qu'il était encore mineur et a été confié à l'aide asociale à l'enfance en janvier 2023 puis a bénéficié d'un contrat jeune majeur, et a obtenu un CAP " menuisier aluminium " au lycée St Lambert à Paris ; un contrat d'apprentissage lui est proposé et il a formé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile mais les demandes déposées par les jeunes majeurs sont faites dans le cadre d'une procédure spéciale, un protocole de coopération ayant été conclu entre la préfecture et le département en janvier 2024 ; M. A n'a pas été mis en possession d'une attestation de dépôt ni d'un récépissé de demande de titre de séjour mais ce document a été demandé auprès de l'aide sociale à l'enfance (ASE) et des services de la préfecture ; M. A a adressé une lettre en recommandé avec accusé de réception en avril 2025 restée sans réponse ; son avocate a ensuite adressé des courriels à la directrice de l'immigration et de l'intégration pour demander une attestation de dépôt ou un récépissé de demande de titre de séjour et il lui a été répondu que la demande avait été transmise au service compétent ; il ne lui a pas été opposé le fait qu'aucune demande n'aurait été déposée ; il a produit ce jour cinq pièces supplémentaires consistant en des échanges de courriels entre un bénévole d'association et Mme C D de l'aide sociale à l'enfance (ASE), cette dernière confirmant que dans le cadre du protocole précité il n'y a pas d'attestation de dépôt à l'issue du dépôt du dossier et que le conseil départemental rédigerait lui-même les attestations, ce qui ressort de la pièce jointe n° 10 et des pièces n°s 19 à 22 de l'ASE ; la préfecture a répondu en avril 2025 que le dossier était en attente à l'instruction et en juillet 2025 qu'il était en cours de signature en parapheur ; ces éléments sont suffisants pour démontrer qu'une demande a bien été déposée en janvier 2024 ; la condition d'urgence est satisfaite alors qu'il a besoin d'une autorisation de travail ; il existe par ailleurs un doute sérieux sur la légalité alors qu'il remplit les conditions d'obtention de ce titre de séjour ; la préfecture de son côté n'a pas communiqué de fiche administrative vierge au nom de l'intéressé et il ne peut pas être reproché au jeune de ne pas justifier d'une attestation de dépôt ou d'un récépissé que l'administration n'a pas délivré ;

- et les observations de Me Capuano, représentant le préfet du Val-de-Marne qui fait valoir que le requérant ne justifie pas d'une preuve de dépôt de demande de titre de séjour et ne justifie d'aucun numéro d'étranger, et qu'il est allégué que sa demande aurait été déposée en janvier 2024 sans plus de précision ; les courriels dont il se prévaut n'émanent pas de la préfecture du Val-de-Marne et l'urgence n'est pas caractérisée.

La clôture de l'instruction a été différée au 24 juillet 2025 à midi, en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, né le 10 mars 2006, de nationalité guinéenne, déclare être entré en France en novembre 2022 à l'âge de 16 ans. Il a été confié à l'aide sociale à l'enfance par un jugement du juge des enfants près le tribunal judiciaire de Créteil du 9 janvier 2023. Il a ensuite été pris en charge dans le cadre d'un " contrat jeune majeur " renouvelé en dernier lieu du 10 mars 2025 au 9 octobre 2025. Il soutient avoir déposé en janvier 2024 une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement de l'article L.435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il demande, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté cette demande.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". L'article 61 du décret du 20 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur la recevabilité :

3. A supposer qu'en soutenant que M. A ne démontre pas avoir déposé une demande de séjour le préfet du Val-de-Marne ait entendu opposer une fin de non-recevoir au requérant, selon laquelle aucune décision implicite de rejet ne serait née, il résulte toutefois de l'instruction que par une attestation du 5 février 2025 l'inspectrice de l'enfance, responsable du groupement mineurs non-accompagnés (B), agissant par délégation du président du conseil départemental du Val-de-Marne, a attesté que M. A avait déposé en janvier 2024 une demande de titre de séjour par le biais du protocole de coopération conclu entre le conseil départemental et la préfecture de Créteil. Cet élément est corroboré, d'une part, par un échange de courriels courant février 2025 entre le conseil de M. A et la référente parcours du service des mineurs non accompagnés qui précise que " la préfecture ne délivre pas d'attestation de dépôt dans le cadre du protocole ASE, c'est pour cela que nous rédigeons les attestations ". D'autre part, le requérant a produit, le 23 juillet 2025 à 12h53, la clôture de l'instruction ayant été différée au 24 juillet 2025 à midi, une attestation émanant du responsable de l'équipe " Enfance B " de la direction de la protection de l'enfance et de la jeunesse du département du Val-de-Marne qui précise que M. A "a pu déposer sa demande de titre de séjour le

12 janvier 2024 grâce au protocole de coopération entre le conseil départemental du

Val-de-Marne et la préfecture de Créteil qui prévoit un dépôt mensuel des demandes de titre de séjour des jeunes mineurs non accompagnés confiés à l'aide sociale à l'enfance du

Val-de-Marne. La préfecture ne remet pas d'attestation et ne fournit pas de numéro AGDREF au moment du dépôt des dossiers, raison pour laquelle nous avons mis en place des attestations signées par l'inspectrice une fois que les dépôts sont réalisés. ". Le préfet du Val-de-Marne, en se bornant à opposer au requérant le fait qu'il ne justifie pas d'un numéro étranger ne conteste pas sérieusement ces allégations sérieuses. Par suite, le requérant doit être regardé comme justifiant avoir déposé sa demande de titre de séjour et de l'existence d'une décision implicite de rejet, née du silence gardé par la préfecture sur cette demande.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

En ce qui concerne l'urgence :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

6. M. A était inscrit pour l'année scolaire 2023-2024 à une formation permettant d'obtenir le diplôme de CAP " menuisier aluminium verre " et a conclu un contrat d'apprentissage pour la période du 4 septembre 2023 au 31 août 2025. Son employeur souhaitant l'embaucher en contrat à durée indéterminée à temps plein à compter du

1er septembre 2025 à condition qu'il soit titulaire d'un titre de séjour l'autorisant à travailler, il soutient qu'il a, dès le 12 janvier 2024, par l'intermédiaire du service d'aide sociale à l'enfance, déposé une demande de titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ce contexte, le requérant démontre qu'en conséquence du rejet implicite de cette demande, il ne pourra exécuter le contrat à durée indéterminée que lui propose la société France Veranda à compter du 1er septembre 2025. Si le préfet du Val-de-Marne fait valoir que M. A ne démontrerait pas l'urgence de sa situation, faute de démontrer l'existence de sa demande, ainsi qu'il a été dit

ci-dessus cette affirmation reste trop générale pour contester sérieusement les éléments produits par M. A. Au regard de la situation de M. A telle qu'elle vient d'être rappelée, le défendeur ne peut par ailleurs sérieusement opposer à l'intéressé qui a eu 18 ans en 2024 le fait que la société le compterait déjà parmi ses effectifs, que son contrat d'apprentissage n'a pas été suspendu par son employeur, et que le requérant aurait toujours été en situation irrégulière sur le territoire national, pour contester l'existence d'une urgence. Il résulte de ce qui précède que la condition d'urgence posée par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme satisfaite.

En ce qui concerne le doute sérieux :

7. D'une part, aux termes de l'article L.435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : "A titre exceptionnel, l'étranger qui a été confié à l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance entre l'âge de seize ans et l'âge de dix-huit ans et qui justifie suivre depuis au moins six mois une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle peut, dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire, se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ", sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de cette formation, de la nature de ses liens avec sa famille restée dans le pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur l'insertion de cet étranger dans la société française. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".

8. D'autre part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police / () ". Selon l'article L. 232-4 de ce code : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation / Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ". Enfin, l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 de ce même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois () ".

9. Au regard des pièces produites à l'appui de la requête, il résulte de l'instruction que les moyens tirés du défaut de motivation et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sont de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté la demande de titre de séjour présentée par

M. A.

10. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision implicite de rejet opposée à la demande de titre de séjour de M. A, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

11. La suspension prononcée implique nécessairement qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne de réexaminer la demande de M. A et de prendre une nouvelle décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et dans l'attente de remettre à M. A un récépissé l'autorisant à travailler, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la même notification. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction de l'astreinte demandée par la requête.

Sur les frais de l'instance :

12. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à

celle-ci () ".

13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros qui sera versée à Me Vi Van, conseil de M. A, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a rejeté la demande de titre de séjour de M. A est suspendue.

Article 3 : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne de réexaminer la demande de M. A et de prendre une nouvelle décision, dans le délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance, et dans l'attente de remettre à M. A un récépissé l'autorisant à travailler, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la même notification.

Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 200 euros à Me Vi Van en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A, au ministre de l'intérieur, ministre d'Etat et à Me Vi Van.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun le 28 juillet 2025.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : I. GougotSigné : S. Sistac

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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