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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2510615

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2510615

mardi 29 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2510615
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCARDOSO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour présentée par Mme C, ressortissante brésilienne. La requérante sollicitait un changement de statut vers la mention "étudiant", et non le renouvellement de son précédent titre "jeune au pair", ce qui exclut l'application de la présomption d'urgence. Le juge estime que les éléments fournis par Mme C, notamment l'impossibilité de poursuivre ses études et stages, ne caractérisent pas une atteinte grave et immédiate à sa situation. En conséquence, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la requête est rejetée sans qu'il soit nécessaire d'examiner les autres moyens.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2025, Mme C, représentée par Me Cardoso, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer sans délai un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler durant l'examen de sa demande de renouvellement à compter de la notification de la décision à intervenir, sous une astreinte de

100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du préfet du Val-de-Marne la somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Andreea Avirvarei, conseillère, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. / () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. / () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. / () ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Il résulte de l'instruction, d'une part, que Mme A, ressortissante brésilienne née le 9 juin 1993, est entrée en France le 6 mai 2022 munie de son passeport revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour mention " jeune au pair " valable du 19 avril 2022 au

19 avril 2023 renouvelable une fois, puis s'est vue délivrer une carte de séjour à ce titre valable du 9 juin 2023 au 8 juin 2024 en application de l'article L. 426-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le 3 juin 2024, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour avec changement de statut, sur le fondement de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 24 octobre 2024, le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par une ordonnance du 18 décembre 2024, le juge des référés du tribunal administratif de Melun a suspendu l'exécution de cette décision et a enjoint au préfet du Val-de-Marne d'examiner la demande présentée par Mme A dans le délai de deux mois. Le préfet de la Moselle a retiré l'arrêté du 24 octobre 2024. Convoquée auprès des services préfectoraux du Val-de-Marne, Mme A s'est vue délivrer un récépissé de première demande de titre de séjour " étudiant " valable du 23 janvier au 22 juillet 2025. Cependant, sa demande est restée sans réponse. Ainsi, Mme A n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour " jeune au pair ", mais un nouveau titre portant la mention " étudiant ", sur un fondement différent et, dans cette hypothèse, la présomption d'urgence ne trouve pas à s'appliquer. D'autre part, si Mme A se prévaut de l'impossibilité de mener une vie privée et familiale normale et notamment de poursuivre ses études dans lesquelles elle désire prospérer et d'intégrer une entreprise dans le cadre de stages obligatoires auquel l'expose l'absence de tout justificatif de la régularité de son séjour, ces circonstances, à l'appui desquelles elle ne fait valoir aucun élément circonstancié, ne peuvent, en l'espèce, caractériser une atteinte grave et immédiate à sa situation. Ainsi, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un moyen propre à créer un doute sérieux, que la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er :La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C.

Fait à Melun, le 29 juillet 2025.

La juge des référés,

Signé : A. Avirvarei

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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