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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2511300

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2511300

vendredi 8 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2511300
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantGOULET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet de titre de séjour de M. B, ressortissant algérien. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, car le requérant avait attendu plus d’un an après la naissance de la décision implicite pour saisir le tribunal, se plaçant ainsi lui-même dans la situation d’urgence alléguée. La solution est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative, qui subordonne la suspension à une urgence justifiée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 août 2025, M. A B, représenté par Me Goulet, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du

Val-de-Marne a rejeté sa demande de titre de séjour déposée le 28 novembre 2023 ;

3°) d'enjoindre à la même autorité de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient :

- que l'urgence est constituée dès lors que la décision attaquée met directement en cause la poursuite de son traitement médical, alors qu'il souffre d'un grave problème de santé ;

- qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, laquelle méconnait le 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ainsi que l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné M. Combes, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". En vertu des dispositions de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une décision relative au séjour en France d'un étranger, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate de cette décision sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe remplie dans le cas d'un refus de renouvellement ou d'un retrait du titre de séjour de ce dernier. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que M. B, ressortissant algérien entré sur le territoire français le 10 novembre 2022, qui a subi une transplantation rénale en Algérie en avril 2013, et est suivi en France en vue d'une seconde transplantation du même organe, a déposée à ce titre une demande de titre de séjour le 28 novembre 2023 auprès de la préfecture du Val-de-Marne. Toutefois, alors que, conformément aux dispositions de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une décision implicite de rejet est née quatre mois après le dépôt de sa demande, le 28 mars 2024,

M. B n'a formé le présent recours que le 6 août 2025, se plaçant ainsi lui-même dans la situation d'urgence dont il se prévaut. Il s'ensuit qu'à défaut d'autres éléments de nature à démontrer qu'il devrait impérativement être statué dans de très bref délai sur le droit au séjour de l'intéressé, qui bénéficie toujours des soins que nécessitent son état de santé à la date d'introduction de la requête, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitée n'est pas satisfaite. Dès lors, les conclusions de la requête, y compris celles relatives à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire et celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B.

Le juge des référés,

Signé : R. Combes

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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