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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2512970

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2512970

mercredi 15 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2512970
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C..., ressortissante béninoise, qui demandait qu’il soit enjoint au sous-préfet de Nogent-sur-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. La requérante, titulaire d’un titre étudiant, sollicitait un changement de statut vers un titre « recherche d’emploi-création d’entreprise ». Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas satisfaite, faute pour la requérante de justifier de circonstances particulières et personnelles, notamment familiales ou financières, établissant la nécessité d’une mesure immédiate. La décision rappelle que, pour une première demande ou un changement de statut, l’urgence ne se présume pas et doit être démontrée par l’intéressé.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 septembre 2025, Mme A... D... C... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au sous-préfet de Nogent-sur-Marne, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de lui délivrer sans délai un récépissé ;

2°) de mettre les dépens à la charge de l’Etat.

Elle soutient qu’il y a urgence dès lors qu’il lui est impossible de justifier de la régularité de son séjour, d’être embauchée et de renouveler ses droits sociaux ;
La présidente du tribunal a désigné M. B..., premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

Mme A... D... C..., de nationalité béninoise, titulaire, selon ses déclarations, d’un titre étudiant, fait valoir qu’elle a déposé le 1er août 2025 une demande de titre « recherche d’emploi-création d’entreprise ». Faute de réponse des services préfectoraux, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au sous-préfet de Nogent-sur-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ». Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : « La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de
l'affaire. (…).

Eu égard aux conséquences qu’a sur la situation d’un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu’après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d’être dit que si l’étranger établit n’avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l’occasion de plusieurs tentatives n’ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu’il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l’intéressé. La condition d’urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d’obtenir rapidement ce rendez-vous. Si la situation de l’étranger le justifie, le juge peut préciser le délai maximal dans lequel celui-ci doit avoir lieu. Il fixe un délai bref en cas d’urgence particulière.

En l’espèce, si Mme C... fait valoir qu’il y a urgence pour elle à obtenir un récépissé, elle ne produit aucun élément de nature à l’établir et n’apporte aucune précision sur la situation dans laquelle elle se trouve et ne fait état d’aucune autre circonstance particulière et personnelle, en particulier autour de sa situation familiale ou financière.

Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l’urgence qui s’attacherait à la mesure demandée par Mme C....

Dans ces conditions, la condition d’urgence n’étant pas satisfaite, la requête de Mme C... ne pourra qu’être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... D... C....

Fait à Melun, le 15 octobre 2025.

Le juge des référés



Signé : O. B...

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière

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