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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2513344

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2513344

lundi 29 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2513344
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantEVREUX

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 27 juin 2025 par lequel le préfet du Val-de-Marne a refusé de délivrer un titre de séjour à M. A..., un ressortissant étranger en situation irrégulière depuis 2006. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier de circonstances particulières démontrant une atteinte grave et immédiate à sa situation, ses allégations de vulnérabilité et de lien avec une demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées n'étant pas étayées. La requête a été rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code, sans instruction ni audience.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Evreux, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l’exécution de l’arrêté du 27 juin 2025 du préfet du Val‑de‑Marne par lequel il a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;

3°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de séjour mention
« vie privée et familiale » ou, à défaut, une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler à temps plein et de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l’article L. 761‑1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du
10 juillet 1991.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que sa situation démontre une vulnérabilité évidente et pluridimensionnelle, que la décision compromet sa demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées et le maintien dans une situation précaire et que le délai séparant la décision en litige de la saisine du juge des référés résulte de ce qu’aucune décision n’a encore été prise sur sa demande d’aide juridictionnelle.
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que la décision en litige est entachée d’incompétence, de défaut de motivation, de défaut d’examen sérieux de sa situation, qu’elle méconnaît les articles L. 311-1, L. 423-23, L. 425-5, L. 425-6, L. 435-1 et L. 432-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, qu’elle est entachée d’erreurs d’appréciation,

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la
décision (…) ».

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Il résulte de l’instruction que M. A... est entré en France en 2006, où il a vu demande d’asile rejetée et où il se maintient irrégulièrement depuis. Le 5 octobre 2024, M. A... a demandé à bénéficier d’un titre de séjour en qualité d’étranger malade, demande rejetée par l’arrêté litigieux du 27 juin 2025. Si M. A... fait valoir que la condition d’urgence est remplie, dès lors que sa situation démontre une vulnérabilité évidente et « pluridimensionnelle » et que la décision compromet sa demande auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), il n’apporte aucun élément permettant d’établir la réalité de ses allégations, ni le lien entre une telle situation et la décision en litige. De plus, il ne précise ni la date, ni la nature de la demande qu’il a présentée à la MDPH. En outre, si le requérant soutient que la décision en litige le place dans une situation précaire, il résulte de ce qui précède que l’intéressé est en France depuis 2006 où il s’est maintenu irrégulièrement jusqu’à présent. Enfin, si M. A... justifie le délai de deux mois et demi séparant l’intervention de la décision en litige et la saisine du juge des référés par la circonstance qu’aucune décision n’a encore été prise sur sa demande d’aide juridictionnelle, présentée d’ailleurs le 5 septembre 2025, l’intéressé n’établit pas, ni même n’allègue, qu’il aurait été empêché de demander le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, laquelle peut, en vertu de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, être accordée lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé. Dès lors, M. A... n’établit pas que l’exécution de la décision contestée porterait atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à sa situation ou à ses intérêts. Par suite, la condition d’urgence, au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté et sans qu’il y ait lieu d’accorder à M. A... le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, la requête de M. A... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....

Fait à Melun, le 29 septembre 2025

Le juge des référés,



Signé : D. Vérisson

La République mande et ordonne ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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