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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2513464

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2513464

mardi 23 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2513464
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMARTOUX

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun rejette la requête en référé de Mme A, ressortissante togolaise, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet du Val-de-Marne d'examiner sa situation et de lui délivrer un titre de séjour ou une attestation de prolongation. Le juge des référés constate que la requérante n'établit pas avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour, et qu'à supposer une telle demande, le silence de l'administration aurait fait naître une décision implicite de rejet en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il estime que la demande est dépourvue d'urgence et d'utilité, et la rejette donc sans instruction préalable, conformément à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 septembre 2025, Mme B A, représentée par Me Martoux, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au préfet du Val-de-Marne d'examiner sa situation administrative et de lui délivrer un titre de séjour, ou à défaut une attestation de prolongation d'instruction, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'audience de référé ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité togolaise, elle est en France depuis juillet 1999, qu'elle a eu un titre de séjour qui a expiré le 4 juillet 2023, qu'elle en a demandé le nouvellement le

14 mars 2023 et n'a eu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car son employeur menace de rompre son contrat de travail et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante togolaise né le 25 février 1986, a été titulaire en dernier lieu d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 4 juillet 2023. Elle indique en avoir sollicité le renouvellement au préfet du Val-de-Marne et ne pas avoir reçu de réponse. Par une requête enregistrée le 19 septembre 2025, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'examiner sa situation administrative et de lui délivrer un titre de séjour, ou à défaut une attestation de prolongation d'instruction.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. Aux termes d'une part de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger séjourne déjà en France, sa demande est présentée dans les délais suivants : 1° L'étranger qui dispose d'un document de séjour mentionné aux 2° à 8° de l'article L. 411-1 présente sa demande de titre de séjour entre le cent-vingtième jour et le soixantième jour qui précède l'expiration de ce document de séjour lorsque sa demande porte sur un titre de séjour figurant dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2. Lorsque sa demande porte sur un titre de séjour ne figurant pas dans cette liste, il présente sa demande dans le courant des deux mois précédant l'expiration du document dont il est titulaire ; () ".

5. Aux termes d'autre part de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l'étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. () ".

6. En l'espèce, si Mme A soutient avoir sollicité le renouvellement de son titre de séjour auprès du préfet du Val-de-Marne, elle ne l'établit par aucune des pièces du dossier. Au surplus, son précédent titre est expiré depuis plus de deux ans, et à supposer qu'elle en aurait demandé le renouvellement dans les délais mentionné à l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa demande ne peut avoir fait l'objet que d'une décision implicite de rejet.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A ne pourra qu'être rejetée, comme à la fois dépourvue d'urgence et d'utilité, selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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