LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2513948

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2513948

lundi 6 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2513948
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation12ème chambre, éloignement
Avocat requérantSAOUDI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun annule l'arrêté du 27 septembre 2025 par lequel la préfète de l'Essonne a obligé M. A..., ressortissant ivoirien, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour pour trois ans. La juridiction retient que la préfète a commis une erreur de fait et un défaut d'examen en se fondant sur une date de naissance erronée et en ignorant la qualité de père d'un enfant français de M. A..., établie par des pièces d'état civil. Cette solution s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment celles relatives à la protection de la vie privée et familiale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Diancoumba, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté en date du 27 septembre 2025 par lequel la préfète de l’Essonne l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d’être éloigné, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une période de trois ans ;

2°) d’enjoindre à la préfète de l’Essonne de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour dès la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de procéder à un nouvel examen de sa situation.

Il ne soulève aucun moyen dans ses écritures.

La requête a été communiquée à la préfète de l’Essonne, qui n’a pas produit de mémoire en défense mais a produit des pièces, enregistrées le 29 septembre 2025, qui ont été communiquées.

Le centre de rétention administrative du Mesnil‑Amelot n° 2 a produit des pièces, enregistrées le 3 octobre 2025.


Vu :
les décisions attaquées ;
les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de justice administrative.


La présidente du Tribunal a désigné Mme Issard, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles L. 921-1 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

L’audience s’est tenue par un moyen de communication audiovisuelle garantissant la confidentialité et la qualité de la transmission, dans les conditions déterminées par l’article L. 922-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, les procès-verbaux prévus par le troisième alinéa de ces dispositions ayant été dûment établis.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
le rapport de Mme Issard, magistrate désignée ;
les observations de Me Diancoumba, représentant M. A..., qui abandonne les conclusions à fin d’injonction de la requête, présente des conclusions tendant à ce qu’il soit mis à la charge de l’Etat de la somme de 1 500 euros à M. A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, et soulève les moyens tirés du défaut d’examen dès lors qu’il démontre être né le 14 juin 1983 et non pas le 22 janvier 1998, être père d’un enfant français et avoir tenté de régulariser sa situation en présentant une demande de titre de séjour, de l’erreur de fait dès lors que la préfète ne produit aucune pièce relative à la procédure de son interpellation, et de l’erreur manifeste d’appréciation de sa situation dès lors qu’il établit résider sur le territoire français depuis 2011, être père d’un enfant français dont il contribue à l’entretien et à l’éducation et avoir présenté une demande de titre de séjour mention « parent d’enfant français », ces moyens étant soulevés à l’encontre de toutes les décisions attaquées ;
et les observations de Me Ioannidou, représentant la préfète de l’Essonne, absente, qui conclut au rejet de la requête.

La clôture de l’instruction a été prononcée dans les conditions prévues à l’article R. 922-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile à 16h11.

La préfète de l’Essonne a produit des pièces enregistrées à 16h33, soit postérieurement à la clôture de l’instruction, qui n’ont pas été communiquées.


Considérant ce qui suit :

1. Par décisions en date du 27 septembre 2025, la préfète de l’Essonne a obligé M. B... A..., ressortissant ivoirien né le 14 juin 1983, à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel l’intéressé est susceptible d’être éloigné, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une période de trois ans. M. A... demande l’annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d’annulation :


2. Il ressort des pièces du dossier que l’arrêté du 27 septembre 2025 par lequel la préfète de l’Essonne a obligé M. B... A... à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel l’intéressé est susceptible d’être éloigné, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une période de trois ans, indique que le requérant est né le 22 janvier 1998 à San Pedro en Côte d’Ivoire, qu’aucun élément au fichier national des étrangers ne permet de corroborer ses déclarations selon lesquelles il a tenté de régulariser sa situation, qu’il ne peut justifier d’un domicile fixe en France, et qu’il n’est pas en mesure de justifier de l’état civil ou du lieu de résidence de son enfant. L’intéressé verse toutefois au dossier un extrait d’état civil ivoirien établissant qu’il est né le 14 juin 1983 à Man, en Côte d’Ivoire, cette information étant corroborée par l’intégralité des documents administratifs qu’il fournit, et cette seconde date de naissance étant reprise par le procès-verbal de notification des droits en détention établi par le centre de rétention administrative n°2 du Mesnil-Amelot. Il verse également la copie intégrale de l’acte de naissance de l’enfant Boubacar Sekou A... né le 19 juillet 2020 à Saint-Denis dont il est le père et qui possède la nationalité française, ainsi qu’en attestent sa carte nationale d’identité et son passeport. Il produit enfin un document établi par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides certifiant qu’il a déposé une demande d’admission à l’asile le 9 août 2011 et la copie d’une demande de titre de séjour « parent d’enfant français » non assortie d’une preuve de dépôt ou d’enregistrement, ainsi que plusieurs justificatifs de domicile. La préfète de l’Essonne fait valoir que M. A... lui-même aurait fourni des informations erronées quant à sa date et son lieu de naissance, ces données étant essentielles afin de procéder à la reconstitution de son dossier administratif complet reprenant notamment sa situation familiale et les précédentes demandes de titre de séjour qu’il aurait présentées. Néanmoins, elle ne produit aucun document relatif à la procédure d’interpellation du requérant permettant d’étayer cette allégation, la représentation de cette autorité administrative reconnaissant que ce défaut de communication est dû à un dysfonctionnement dans l’enregistrement par ses soins des documents pertinents via le logiciel télérecours, cette carence n’ayant pu être résorbée avant la clôture de l’instruction, et ce, malgré la suspension de l’audience prononcée précisément afin d’y remédier. Dans ces conditions, alors que la requête a été communiquées le 29 septembre 2025 à la préfète de l’Essonne, et au vu des seules pièces produites par les parties avant la clôture de l’instruction, M. A... est fondé à soutenir que la préfète de l’Essonne a entaché les décisions attaquées d’un défaut d’examen.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. A... est fondé à demander l’annulation de l’arrêté attaqué.

Sur les frais liés à l’instance

4. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros à verser à M. A... en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.



D E C I D E :


Article 1er : L’arrêté du 27 septembre 2025 par lequel la préfète de l’Essonne a obligé M. A... à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel l’intéressé est susceptible d’être éloigné, et lui a interdit de retourner sur le territoire français pendant une période de trois ans est annulé.

Article 2 : L’Etat versera à M. A... une somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et à la préfète de l’Essonne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2025.


La magistrate désignée par la
présidente du tribunal,
Signé : C. ISSARD
La greffière,

Signé : MD. ADELON


La République mande et ordonne à la préfète de l’Essonne, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,



MD. ADELON


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions