Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé suspension de M. B..., ressortissant algérien, contestant le retrait de sa carte de résident par le préfet du Val-de-Marne. Le juge a estimé que les moyens soulevés, notamment l'absence d'examen approfondi, la méconnaissance de l'accord franco-algérien et des articles 8 de la CEDH et 3-1 de la CIDE, n'étaient manifestement pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Sans se prononcer sur l'urgence, la requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Hervet, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 28 juillet 2025 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a procédé au retrait de sa carte de résident algérien ;
2°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un certificat de résidence d’une durée de dix ans, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et subsidiairement, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que la décision en litige a pour effet de faire obstacle à ses fonctions de direction au sein de l’entreprise qu’il dirige ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que celle-ci n’a pas été précédée d’un examen approfondi de sa situation, que sa situation personnelle n’a pas été prise en compte, qu’il ne constitue pas une menace pour l’ordre public, que l’autorité administrative n’a pas fait application de l’accord franco-algérien, que la décision est entachée d’erreur manifeste d’appréciation et d’erreur de fait, que la décision méconnaît les articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
M. B..., ressortissant algérien né le 4 novembre 1982 à Annaba (Algérie), a été bénéficiaire en dernier lieu d’un certificat de résident valable jusqu’au 22 mai 2029. Par la décision en litige du 28 juillet 2025, le préfet du Val-de-Marne a procédé au retrait de sa carte de résident algérien.
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Les moyens soulevés par M. B..., tels qu’analysés dans les visas, ne sont manifestement pas de nature à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l’acte attaqué.
Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, la requête de M. B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fins d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Melun, le 29 octobre 2025.
Le juge des référés,
Signé : D. Vérisson
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,