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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2514504

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2514504

jeudi 30 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2514504
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDOUMI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. B..., qui demandait la restitution de trois points de permis de conduire sous astreinte. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, compte tenu du nombre élevé d'infractions commises par le requérant (28 depuis 2006) et des exigences de sécurité routière. La décision a été prise sur le fondement des articles L. 521-3 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 octobre 2025, M. A... B..., représenté par Me Doumi, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de lui restituer les 3 points de son permis de conduire retirés consécutivement à une infraction datée du 3 septembre 2021 et classée sans suite par l’officier du ministère public, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il ne lui reste plus qu’un seul point sur son permis de conduire, lequel risque d’être invalidé de façon imminente sans la restitution de trois points ;
- la mesure sollicitée est utile, dès lors que l’infraction d’usage d’un téléphone tenu en main datée du 3 septembre 2021 a été classée sans suite par l’officier du ministère public.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.




Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».

En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

En l’espèce, M. B... se borne à soutenir, sans autre précision, que la condition d’urgence est remplie, au motif qu’il ne lui reste plus qu’un seul point sur son permis de conduire, lequel risque, selon ses dires d’ailleurs, d’être invalidé de façon imminente sans la restitution de trois points. De plus, il résulte de l’instruction et en particulier du relevé d’information intégral du permis de conduire produit à l’appui de la requête, que M. B..., qui a fait l’objet de plusieurs invalidations de son permis de conduire en 2007 et 2016, a commis depuis 2006 près de 28 infractions pour lesquelles il a été verbalisé, dont les quatre dernières, commises sur la seule année 2024, concernent des excès de vitesse, le non-respect des règles de distance dans un tunnel et un dépassement par la droite. Dans ces conditions, la condition d’urgence, qui doit s’analyser globalement et concrètement, en tenant compte des exigences de la sécurité routière, ne peut être tenue pour satisfaite.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B..., y compris celles relatives aux frais de l’instance, doivent être rejetées en application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Melun, le 30 octobre 2025.


Le juge des référés,



Signé : D. VERISSON

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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