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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2514647

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2514647

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2514647
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A... contestant le classement sans suite de sa demande de naturalisation par le préfet de Seine-et-Marne. Le requérant soutenait avoir fourni toutes les pièces demandées, mais le tribunal a constaté que l'acte de mariage brésilien produit n'était pas revêtu de l'apostille exigée. Ce défaut de production dans le délai imparti justifiait légalement la décision de classement sans suite, conformément à l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993. La requête ne comportant que des faits manifestement insusceptibles de venir au soutien des moyens invoqués, elle a été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 octobre 2025, M. B... A... demande au tribunal d’annuler la décision du 26 septembre 2025, notifiée le 30, par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation.

M. A... soutient avoir répondu, systématiquement, à toutes les demandes de pièces complémentaires qu’il a reçues pendant l’instruction de sa demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».

2. Aux termes de l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande (…) peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (…), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Toutefois, l’impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti, à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur, dont ce dernier a justifié et informé l’administration dans les meilleurs délais, est de nature à faire obstacle à un tel classement sans suite. Le juge de l’excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le respect de ces conditions d’application de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993. En l'absence de production des pièces demandées dans le délai imparti et de justification d'une impossibilité de respecter ce délai, l’autorité administrative dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour user de la faculté de classer sans suite la demande. Le juge de l’excès de pouvoir n’exerce alors qu’un contrôle restreint, en tenant compte de l’objet de la décision de classement sans suite, qui consiste seulement à mettre fin à l’instruction de la demande sans y statuer, et de la finalité du régime de classement sans suite, qui est d’améliorer l’efficacité des procédures d’instruction des demandes de naturalisation.

3. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée du 26 septembre 2025 est fondée sur le motif que, malgré la demande de pièces qui lui avait été adressée le 12 mai 2025, M. A... n’avait pas produit, avant le terme de l’échéance qui lui avait été fixée, à savoir le 27 juillet 2025, son « acte de mariage revêtu de l’Apostille pour [sa] première union ». Il est constant que la demande de pièces qui lui avait été adressée lui demandait de produire, notamment, « la copie intégrale de l’acte de mariage revêtu de l’Apostille pour [son]1er mariage + traduction établie par un traducteur agréé ».

4. M. A... soutient qu’il a envoyé ce document le 5 juin 2025 au moyen du téléservice dédié. S’il produit une capture d’écran du compte ouvert à son nom dans le téléservice dédié justifiant qu’il a effectivement donné une réponse à la demande de pièces le 5 juin 2025, et la copie de la pièce produite, il ressort de cette dernière que l’acte de mariage brésilien produit n’était pas revêtu de l’apostille, alors que cette dernière a été expressément exigée dans la demande de pièces complémentaires et que la légalité de cette exigence n’est pas contestée. Les faits allégués sont donc manifestement insusceptibles de venir au soutien du moyen tiré de ce que M. A... aurait fourni toutes les pièces demandées dans le délai requis.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête ne comporte que « des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien » au sens du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Le délai de recours contentieux étant expiré il y a lieu, par application de ces dispositions, de rejeter la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 4 décembre 2025.

Le président de la 8ème chambre,



X. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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