Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B..., ressortissant algérien, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge des référés a constaté qu'une décision implicite de rejet de sa demande était née le 18 décembre 2023, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la mesure sollicitée ferait obstacle à l'exécution de cette décision administrative et était dépourvue d'utilité. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 octobre 2025, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner au préfet de Seine-et-Marne de le convoquer à un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour dans un délai de quinze jours ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient :
Sur l’urgence : il ne peut pas obtenir de stage et poursuivre sa scolarité en l’absence de titre de séjour ; il tente d’obtenir un rendez-vous depuis deux ans ; il réside avec sa famille ;
Les autres conditions sont remplies.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Tiennot, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
M. A... B..., ressortissant algérien né le 16 juillet 2005 à Oran (Algérie), a envoyé une demande d’admission exceptionnelle au séjour par un courrier reçu le
18 décembre 2023. Par la présente requête, il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, à ce qu’il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un rendez-vous en vue de l’enregistrement de sa demande.
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ». En outre, en application de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». Enfin, aux termes de l’article R. 432-2 du même code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. (…) ».
Il résulte de l’instruction, et notamment du formulaire de demande d’admission exceptionnelle au séjour et de l’accusé de réception postal de sa demande, que la demande de titre de séjour du requérant a été réceptionnée le 18 décembre 2023. En l’absence de réponse par le préfet dans un délai de quatre mois, et conformément aux dispositions des articles R. 432-1 et
R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre de séjour est née. Dans ces conditions, la requête de M. B... tendant à ce que le juge des référés enjoigne au préfet de Seine-et-Marne de le convoquer à un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre est de nature faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative et est dépourvue d’utilité.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B....
Fait à Melun, le 29 octobre 2025.
La juge des référés
Signé : S. TIENNOT
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,