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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2515939

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2515939

lundi 15 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2515939
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision de non-recrutement prise par la commune de Champigny-sur-Marne à l'encontre de M. B.... Le requérant contestait le refus motivé par la mention figurant sur son bulletin n°2 du casier judiciaire, invoquant l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le juge a estimé qu'aucun moyen n'était de nature à créer un doute sérieux, dès lors que l'article R. 331-2 du code général de la fonction publique interdit le recrutement d'un agent contractuel dont le bulletin n°2 comporte des mentions incompatibles avec l'exercice des fonctions. La condition d'urgence n'a pas été examinée, le recours étant manifestement mal fondé.

Texte intégral

Le juge des référésVu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 octobre 2025, complétée les 1er et 3 novembre 2025, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d’ordonner la suspension de la décision de non-recrutement prise par la commune de Champigny-sur-Marne en date du 21 octobre 2025 ;
2°) d’enjoindre à la collectivité de réexaminer sa candidature dès régularisation du bulletin n°2 ou sous un délai entre 1 et 3 mois ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Champigny-sur-Marne la somme de 2351 Euros net hors primes (traitement négocié lors du recrutement) perte sur un mois de travail au titre de l’article L.761-1 du Code de justice administrative ;
4°) et à titre principale, d’annuler la décision de refus de recrutement.
Il indique que, par courrier en date du 2 octobre 2025, la commune de Champigny-sur-Marne la informé de sa sélection pour un poste de responsable opérationnel « Espace Vert / Voirie et Propreté » mais que, par un courrier du 21 octobre 2025, la commune lui a indiqué qu’elle ne pouvait donner suite à ce recrutement au motif que le bulletin n°2 de son casier judiciaire comportait une mention, qu’il a informé la collectivité, dès le 10 octobre 2025, que son sursis probatoire serait achevé le 11 octobre 2025 et qu’il ne faisait plus l’objet d’aucune condamnation, que le bulletin n°2 de son casier judiciaire était en cours de régularisation, sur présentation du jugement de fin de période de sursis probatoire et des relaxes obtenues, qu’il a adressé un recours gracieux au maire de la commune, ainsi qu’un courrier au Préfet du Val-de-Marne et une saisine du Défenseur des droits , qu’il a démissionné de son précédent emploi sur la base de la proposition de recrutement du 2 octobre, ce qui le place désormais sans ressources et qu’il est reconnu travailleur handicapé et particulièrement engagé dans une démarche de réinsertion professionnelle.
Il soutient que la condition d’urgence est satisfaite car le refus de recrutement le prive de toute ressource financière et compromet sa réinsertion professionnelle malgré son statut de personne handicapée, qu’il s’agit donc d’un préjudice grave et immédiat, justifiant la suspension de la décision attaquée, et sur le doute sérieux, qu’aucune disposition légale ou réglementaire n’impose la présentation d’un casier judiciaire n°2 vierge pour accéder à un emploi territorial.
Vu :
la décision attaquée,
les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

M. B... a présenté, le 1er novembre 2025, une requête, enregistrée sous le n° 2515992, tendant à l’annulation de la décision contestée du maire de la commune de Champigny-sur-Marne.

Considérant ce qui suit :
Par une lettre du 21 octobre 2025, le maire de la commune de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) a informé M. A... B..., reconnu travailleur handicapé par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées de Paris depuis le 21 juillet 2021, que sa candidature pour le poste de responsable de secteur n’était pas retenue au motif que « les formalités administratives ne sont pas satisfaisantes ». M. B... a présenté un recours gracieux auquel il a été répondu par un message téléphonique écrit lui indiquant que, dans la mesure où son casier judiciaire n’était pas vierge, et comportait une mention, il n’était pas possible de donner une suite favorable à sa candidature. Par une requête enregistrée le 1er novembre 2025, M. B... a demandé au présent tribunal l’annulation de cette décision, et avait sollicité du juge des référés, par une requête du 31 octobre 2025, la suspension de son exécution.
Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) », et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». L'article L. 522-3 du même code dispose : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ».
Aux termes de l’article R. 331-2 du code général de la fonction publique : « Aucun agent contractuel ne peut être recruté :1(…) 2° Si : a) Etant de nationalité française, les mentions portées au bulletin n° 2 de son casier judiciaire sont incompatibles avec l'exercice des fonctions ou s'il a fait l'objet, dans un Etat autre que la France, d'une condamnation incompatible avec l'exercice des fonctions ; (…) ».
Il ne ressort d’aucune disposition législative ou réglementaire qu’une autorité administrative soit tenue de donner suite favorable lors d’une procédure de recrutement d’un agent non titulaire de la fonction publique territoriale, laquelle ne saurait créer aucun droit à l’égard de la personne concernée, quand bien même le motif retenu pour n’y pas procéder ne serait pas ou plus fondé, ou que les mentions figurant sur le bulletin n° 2 de son casier judiciaire ne seraient pas incompatibles avec les fonctions envisagées, comme il est soutenu en l’espèce par le requérant.
Par suite, la requête de M. B... ne pourra qu’être rejetée, en toutes ses conclusions, selon la procédure de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et à la commune de Champigny-sur-Marne.




Le juge des référés,



Signé : M. Aymard





La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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