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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2516587

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2516587

mardi 18 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2516587
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantTATON

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé suspension de M. B... contre l'arrêté du préfet de Seine-et-Marne suspendant son permis de conduire pour six mois pour conduite sous stupéfiants. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la suspension répond à des exigences impérieuses de sécurité routière incompatibles avec une suspension de l'exécution. Bien que M. B... invoquait des conséquences professionnelles et financières graves, la nature et la gravité de l'infraction (usage de stupéfiants) ont primé. La décision est fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative et le code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Taton, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
d’ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 13 octobre 2025 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois ;
de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-
le code de la route ;
-
le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :
Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » En vertu des dispositions de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
Pour l’application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, cité au point précédent, l’urgence justifie que soit prononcée la suspension de l’exécution d’un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que l’acte en litige n’aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d’annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de cet acte soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.
Pour satisfaire à l’obligation qui lui incombe, en vertu des dispositions du premier alinéa de l’article R. 522-1 du code de justice administrative, de justifier de l’urgence qu’il y aurait à ordonner la suspension de l’exécution de l’arrêté du 13 octobre 2025 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a prononcé la suspension de son permis de conduire pour une durée de six mois, M. B... fait valoir que cet arrêté l’empêche d’exercer sa profession de directeur commercial, laquelle implique d’effectuer des déplacements au moyen du véhicule de fonction mis à sa disposition par son employeur, et a ainsi pour effet de l’exposer à un risque de licenciement pour faute et d’obérer sa situation financière, puisqu’il sera privé de salaire pendant au moins six mois alors qu’il supporte des charges fixes et qu’il est le père de deux enfants dont il doit contribuer à l’entretien et à l’éducation, notamment par le versement pour chacun d’eux d’une pension alimentaire de 350 euros par mois et la remise à chacun de 150 euros d’argent de poche par mois. Toutefois, il résulte de l’instruction que le permis de conduire du requérant a été suspendu au motif que celui-ci, au vu des résultats de vérifications réalisées en application du cinquième alinéa de l’article L. 235-2 du code de la route, avait conduit après avoir fait usage de substances ou plantes classées comme stupéfiants le 8 octobre 2025. Eu égard à la nature et à la gravité de cette infraction, dont la matérialité n’est, au demeurant, pas contestée, l’arrêté en litige répond dès lors à des exigences de sécurité routière avec lesquelles la suspension de son exécution ne serait pas compatible. Par suite, la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut, dans les circonstances de l’espèce, être regardée comme remplie.
Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. B..., y compris les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Melun, le 18 novembre 2025.
Le juge des référés,
Signé : P. ZANELLA
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,


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