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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2516694

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2516694

mercredi 26 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2516694
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDJAMAL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du 15 novembre 2025 par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé l'entrée en France à M. B..., ressortissant comorien. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, tirés notamment de la situation familiale du requérant (marié à une Française, père d'un enfant français) et de la possession d'une attestation de prolongation d'instruction, n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité du refus d'entrée. La requête a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence. Les textes appliqués sont les articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2025, M. B..., représenté par Me Djamal, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 15 novembre 2025 par laquelle le ministre de l’intérieur lui a refusé l’entrée sur le territoire français ;

2°) d’enjoindre au ministre de l’intérieur de le laisser entrer sur le territoire français ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il est maintenu en zone d’attente à l’aéroport d’Orly depuis le 15 novembre 2025 en vue de son éloignement imminent vers le Pays de provenance ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors qu’il est titulaire d’un passeport comorien en cours de validité, qu’il est marié à une ressortissante française et père d’un enfant français, qu’il a présenté une demande de carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français et bénéficie d’une attestation de prolongation d’instruction, qu’il est arrivé en provenance d’un département français et dispose ainsi de la liberté de se déplacer.


Par un mémoire en défense enregistré le 19 novembre 2025, le ministre de l’intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- la condition d’urgence posée à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie, lors qu’elle est imputable au requérant ;
- aucun des moyens invoqués n’est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique du 19 novembre 2025 à 14 heures, tenue en présence de Mme Sistac, greffière d’audience :
- le rapport de M. Vérisson, juge des référés,
- et les observations de Me Djamal, assistant M. B..., qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience publique.


Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant comorien né le 13 décembre 1973 à Indjandradja (Comores) s’est présenté au point de passage frontalier de Paris-Orly en provenance de l’île de La Réunion le 15 novembre 2025. Par la décision litigieuse du même jour, l’intéressé s’est vu refuser l’entrée sur le territoire français.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».

Aux termes de l’article L. 311-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (…) ». L’article L. 431-3 du même code dispose que : « La détention d'un document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour, d'une attestation de demande d'asile ou d'une autorisation provisoire de séjour autorise la présence de l'étranger en France sans préjuger de la décision définitive qui sera prise au regard de son droit au séjour (…) ».

Les moyens invoqués par M. B... à l’appui de sa demande de suspension ne paraissent pas, en l’état de l’instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Par suite, il y a lieu, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, de rejeter les conclusions aux fins de suspension de la requête, ainsi que celles présentées à fin d’injonction.


Sur les frais de l’instance :

Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ».

Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l’Etat, qui n’a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B... une somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.


O R D O N N E :


Article 1er :
La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... B... et au ministre de l’intérieur.

Fait à Melun, le 26 novembre 2025.

Le juge des référés,




Signé : D. VERISSON


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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