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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2516807

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2516807

jeudi 8 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2516807
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCAMUS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par un ressortissant soudanais demandant qu’il soit enjoint à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) de statuer sur sa demande d’asile, déposée depuis près de deux ans. En cours d’instance, l’OFPRA a accordé au requérant le bénéfice de la protection subsidiaire le 25 novembre 2025. Le juge a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales de la requête, la décision sollicitée étant intervenue. Il a également admis le requérant au bénéfice provisoire de l’aide juridictionnelle et a réservé les frais de l’instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 novembre 2025, M. A... C... B..., représenté par Me Camus, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, après l’avoir admis à l’aide juridictionnelle provisoire :
1°) d’enjoindre au directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides de statuer sur sa demande d’asile dans un délai d’un mois à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides la somme de 1.000 euros à verser à son conseil au titre de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique, celle-ci renonçant le cas échéant à percevoir la part contributive de l’Etat allouée au titre de l’aide juridictionnelle. Dans l’hypothèse où le requérant ne se verrait pas accorder l’aide juridictionnelle, l’Office lui versera la somme de 1000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que, de nationalité soudanaise, il a déposé une demande d’asile le 3 janvier 2024 et a été entendu le 15 mars 2024 et qu’aucune décision n’a été prise depuis cette date, que la condition d’urgence est satisfaite en raison du temps anormalement long de l’examen de sa demande d’asile, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative dès lors qu’il ne peut y avoir de décision implicite de rejet sur une demande d’asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 novembre 2025, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides conclut au non-lieu à statuer.
Il indique que, par une décision du 25 novembre 2025, la protection subsidiaire a été accordée au requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l’aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :
M. A... C... B..., ressortissant soudanais né en 1980 à Jebel Moon (Darfour Occidental), a déposé une demande d’asile auprès de la préfecture des Yvelines le 6 décembre 2023, qui a été enregistrée le 3 janvier 2024 par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Il a été entendu à l’Office le 15 mars 2024. Aucune décision n’a été prise par le directeur général de cet Office après cet entretien. Par une requête enregistrée le 18 novembre 2025, il demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, qu’il soit enjoint au directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides de prendre une décision. Postérieurement à sa requête, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides lui a accordé, le 25 novembre 2025, le bénéfice de la protection subsidiaire.
Sur l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle :
Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ».
Aux termes de l’article 61 du décret du 28 décembre 2020 : « (…) L’admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l’intéressé, soit d’office si celui-ci a présenté une demande d’aide juridictionnelle ou d’aide à l’intervention de l’avocat sur laquelle il n’a pas encore été statué ».
Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’admettre le requérant à titre provisoire, au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Sur les conclusions sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».
Aux termes de l’article L. 531-32 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'Office français de protection des réfugiés et apatrides notifie par écrit sa décision au demandeur d'asile, par tout moyen garantissant la confidentialité et la réception personnelle de cette notification. Toute décision de rejet est motivée en fait et en droit et précise les voies et délais de recours. Aucune décision ne peut naître du silence gardé par l'office ».
Ainsi qu’il l’a été dit au point 1, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides a accordé, le 25 novembre 2025, le bénéfice de la protection subsidiaire à M. C... B.... Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation ».
Aux termes de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : « (…) Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, à payer à l’avocat du bénéficiaire de l’aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu’il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l’État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l’aide aurait exposés s’il n’avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d’office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu’il n’y a pas lieu à cette condamnation. Si l’avocat du bénéficiaire de l’aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l’État. S’il n’en recouvre qu’une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l’État. Si, à l’issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l’avocat n’a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l’État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci (…) ».
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Office français de protection des réfugiés at apatrides une somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Camus, conseil de M. B..., en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État à la mission d’aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans l’hypothèse où l’aide juridictionnelle ne serait pas attribuée au requérant, cette somme lui sera versée directement sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :

Article 1er :M. C... B... est admis à l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C... B... présentées sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 3 : L’Office français de protection des réfugiés et apatrides versera une somme de 1 000 euros à Me Camus, conseil de M. A... C... B..., en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État à la mission d’aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans l’hypothèse où l’aide juridictionnelle ne serait pas attribuée au requérant, cette somme lui sera versée directement sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... B..., à Me Camus et à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides.



Le juge des référés,

Signé : M. AYMARD


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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