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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2517285

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2517285

vendredi 5 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2517285
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELAS JOVY GUINCESTRE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet de titre de séjour de M. A.... Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, faute pour le requérant de justifier de circonstances particulières nécessitant une mesure provisoire à bref délai, notamment en raison du délai de plus de quatre ans écoulé entre l'expiration de son précédent titre et sa saisine. La requête a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 novembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Jovy, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 28 mars 2023 par laquelle sa demande de titre de séjour a été implicitement rejetée ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident d’un an, à défaut un titre de séjour d’une durée d’un an, dans un délai de trente jours, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le versement à Me Jovy, avocat de M. A..., de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’il a perdu son emploi depuis l’expiration de son précédent titre de séjour le 27 décembre 2023, son bailleur a engagé une procédure d’expulsion à son encontre et qu’il n’a plus de ressource ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que la décision méconnaît l’article L. 432-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

M. A... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du 13 août 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Pour justifier l’urgence qui s’attache, selon lui, à suspendre l’exécution de la décision en litige, M. A... se borne à faire valoir, sans autre précision, qu’il a perdu son emploi depuis l’expiration de son précédent titre de séjour le 27 décembre 2023, que son bailleur a engagé une procédure d’expulsion à son encontre et qu’il n’a plus de ressource. Toutefois, s’il résulte des éléments produits par le requérant lui-même qu’il a bénéficié d’un précédent titre de séjour valable jusqu’au 13 avril 2021, il n’établit pas avoir bénéficié d’un autre titre de séjour depuis, le second récépissé produit à l’appui de sa requête étant d’ailleurs illisible. Par ailleurs, M. A... n’apporte aucun élément, ni aucune précision sur le délai de plus de quatre ans séparant l’expiration de son précédent titre de séjour le 14 avril 2021 et la saisine du juge des référés. Dans ces conditions et par les éléments qu’il produit, le requérant ne justifie pas, en l’état de l’instruction, de la nécessité pour lui de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l’existence d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l’arrêté contesté, la requête de M. A... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....


Fait à Melun, le 5 décembre 2025.


Le juge des référés,





Signé : D. VERISSON


La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
La greffière,

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