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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2517726

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2517726

jeudi 11 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2517726
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la requête de M. A... B... visant à suspendre l’exécution d’un arrêté préfectoral du 30 octobre 2025 lui refusant un titre de séjour et l’obligeant à quitter le territoire français. Le juge a d’abord déclaré irrecevables les conclusions dirigées contre l’obligation de quitter le territoire français, au motif que ce contentieux relève d’une procédure spécifique prévue à l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et non de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. S’agissant du refus de titre de séjour, les moyens invoqués (notamment la méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du CESEDA et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme) n’ont pas été jugés de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité. La requête a donc été rejetée sans examen de la condition d’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 4 décembre 2025, M. C... A... B... doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 30 octobre 2025 par laquelle le préfet du Val-de-Marne lui a refusé la délivrance d’un titre de séjour et l’a obligé à quitter le territoire français ;

2°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un document provisoire de séjour jusqu’à l’intervention du jugement au fond ;

3°) de statuer sur les dépens.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors que l’exécution de l’arrêté en litige porterait une atteinte grave et immédiate à sa vie privée et familiale ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige, dès lors que la décision est entachée d’erreur de fait dans la mesure où son PACS a été conclu en février 2024 et où il s’est marié en 2025, que les éléments concernant sa vie privée n’ont pas été pris en considération, que les décisions méconnaissent les article L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ainsi que l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, que l’arrêté est entaché de contradiction de motifs et que la mesure d’éloignement est entachée d’erreur manifeste d’appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.


Sur l’irrecevabilité des conclusions à fin de suspension de l’obligation de quitter le territoire français :

Aux termes de l’article L. 614-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1 ».

Le contentieux relatif aux obligations de quitter le territoire français assorties d’un délai de départ volontaire, et aux décisions fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français qui les accompagnent est régi par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile qui organisent une procédure particulière de contestation se traduisant notamment par le caractère non exécutoire de ces mesures pendant le délai de recours et par l’effet suspensif attaché à la demande formée devant le tribunal administratif jusqu’à ce que le président du tribunal ou son délégué ait statué. Par ces dispositions, le législateur a entendu déterminer l’ensemble des règles de procédure contentieuse régissant la contestation devant la juridiction administrative des décisions faisant obligation à un étranger de quitter le territoire français et des décisions fixant le pays de renvoi et portant interdiction de retour sur le territoire français qui les accompagnent qui ne sont, par suite, pas justiciables de la procédure instituée par l’article L. 521-1 du code de justice administrative devant le juge des référés du tribunal administratif.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension de l’obligation de quitter le territoire français présentées par M. A... B... sont irrecevables et ne peuvent qu’être rejetées.



Sur les conclusions à fin de suspension du refus de titre de séjour :

Les moyens invoqués par M. A... B... à l’appui de sa demande de suspension ne paraissent manifestement pas, en l’état de l’instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur la condition d’urgence, laquelle n’est d’ailleurs pas abordée s’agissant du refus de titre de séjour en litige, la requête de M. A... B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l’article R. 761-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C... A... B....


Fait à Melun, le 11 décembre 2025.


Le juge des référés,





Signé : D. VERISSON


La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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