Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 décembre 2025, Mme A... B..., représentée par Me Charbonnel, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l’exécution de la décision du 21 octobre 2025 par laquelle le préfet du Val d’Oise a refusé de créditer son permis de conduire des points correspondant à un stage et a maintenu l’invalidation de son permis de conduire ;
2°) d’enjoindre au préfet du Val d’Oise de maintenir la validité de son permis de conduire et de sursoir à toute mesure d’exécution ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle ne peut plus exécuter son contrat de travail et les missions qui sont les siennes, que la situation l’expose à un risque de rupture de son contrat de travail ou à des sanctions professionnelles et à une perte de rémunération, qu’elle a accepté un nouvel emploi à compter du 1er décembre 2025 à Metz après avoir remis sa démission de son ancien poste le 2 septembre 2025 et que la décision contestée crée un risque concret, immédiat et irréversible de désorganisation professionnelle et financière ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige, dès lors que l’administration ne justifie pas lui avoir notifié la lettre « 48 SI » du 16 juin 2020, de sorte que celle-ci est inopposable, que le stage volontaire qu’elle a effectué les 6 et 7 octobre 2025 doit ainsi être pris en considération, que la décision en litige est insuffisamment motivée, qu’elle méconnaît le principe de sécurité juridique et qu’elle ne constitue pas un risque pour l’ordre public ou la sécurité routière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
En premier lieu, l’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’une décision administrative lorsque l’exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande tendant à la suspension d’une telle décision, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. La condition d’urgence s’apprécie objectivement et globalement au regard de l’intérêt du demandeur mais aussi de l’intérêt public qui s’attache à l’exécution de la décision.
Pour justifier l’urgence qui s’attache, selon elle, à suspendre l’exécution de la décision en litige, Mme B... fait valoir qu’elle ne peut plus exécuter son contrat de travail et les missions qui sont les siennes, que la situation l’expose à un risque de rupture de son contrat de travail ou des sanctions professionnelles et à une perte de rémunération. Toutefois, s’il résulte des termes du contrat de travail correspondant à son précédent emploi, que Mme B... nécessitait l’utilisation d’un véhicule pour satisfaire à ses obligations professionnelles, en se rendant notamment auprès de patients ou auprès des professionnels de santé sur un secteur comprenant les départements de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, il résulte de l’instruction et des dires de la requérante qu’elle a démissionné de ces fonctions le 2 septembre 2025, afin d’accepter un poste à Metz à compter du 1er décembre 2025. Cependant, la requérante n’établit pas, ni même n’allègue précisément devoir bénéficier de son permis de conduire dans le cadre de ses nouvelles fonctions. En outre, il n’est pas davantage établi, ni même allégué que Mme B... a procédé aux diligences nécessaires à la déclaration de son changement d’adresse, dès lors qu’il résulte de l’instruction et en particulier du relevé d’information intégral de son permis de conduire, que la dernière adresse de la requérante, connue de l’administration en 2022, est différente de celle de son domicile actuel. Dans ces conditions, la requérante a, au moins partiellement, participé elle-même à la situation d’urgence qu’elle invoque.
Par suite, Mme B... ne justifie pas de la nécessité pour elle de bénéficier à bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
En second lieu, les moyens invoqués par Mme B... à l’appui de sa demande de suspension ne paraissent manifestement pas, en l’état de l’instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....
Fait à Melun, le 11 décembre 2025.
Le juge des référés,
Signé : D. VERISSON
La République mande et ordonne ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,