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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2518625

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2518625

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2518625
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantGUEZ GUEZ

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant par ordonnance, rejette la requête en excès de pouvoir dirigée contre le classement sans suite d'une demande de naturalisation. Le juge estime que le moyen, fondé sur une erreur de fait, n'est pas assorti de faits susceptibles de le soutenir, la requérante n'ayant pas produit les actes de naissance bilingues exigés par la mise en demeure. La décision s'appuie sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative et l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 décembre 2025, Mme B... A..., représenté par Me Guez Guez, demande au tribunal d’annuler la décision du 28 novembre 2025, notifiée le 3 décembre, par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation, d’enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai d’un mois et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A... soutient que la décision est entachée d’erreur de fait.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ; le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé (…) ».
2. Aux termes de l’article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande (…) peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (…), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Toutefois, l’impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti, à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur, dont ce dernier a justifié et informé l’administration dans les meilleurs délais, est de nature à faire obstacle à un tel classement sans suite. Le juge de l’excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le respect de ces conditions d’application de l’article 40 du décret du 30 décembre 1993. En l'absence de production des pièces demandées dans le délai imparti et de justification d'une impossibilité de respecter ce délai, l’autorité administrative dispose d’un large pouvoir d’appréciation pour user de la faculté de classer sans suite la demande. Le juge de l’excès de pouvoir n’exerce alors qu’un contrôle restreint, en tenant compte de l’objet de la décision de classement sans suite, qui consiste seulement à mettre fin à l’instruction de la demande sans y statuer, et de la finalité du régime de classement sans suite, qui est d’améliorer l’efficacité des procédures d’instruction des demandes de naturalisation.
3. En l’espèce, pour procéder, le 28 novembre 2025, au classement sans suite de la demande présentée par Mme A... en vue d’acquérir la nationalité française, le préfet du Val-de-Marne s’est fondé sur le motif que, malgré une invitation à produire divers documents nécessaires à son instruction qui lui avait été adressée le 11 septembre 2025, l’intéressée n’avait à ce jour pas produit « un acte de naissance conforme de chacun de vos enfants ».

4. D’une part, il est constant que la mise en demeure de compléter les pièces qui a été adressée à Mme A... le 11 septembre 2025 lui demandait de produire, sous la rubrique « Copie intégrale de l’acte de naissance avec filiation », pour chacun de ses enfants, un « acte de naissance en arabe et en français ». D’autre part, si Mme A... justifie d’une réponse donnée le jour même de la demande de pièces, soit le 11 septembre, les copies intégrales d’acte de naissance de ses trois enfants nés en 2011, en 2015 et en 2017, qui lui ont été délivrées en juillet 2025 avant la demande de pièces, et qu’elle produit devant le tribunal pour justifier de la teneur de sa réponse devant la préfecture, ne comportent qu’une version française.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête ne comporte que « des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien » au sens du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Le délai de recours contentieux étant expiré il y a lieu, par application de ces dispositions, de rejeter la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 5 février 2026.

Le président de la 8ème chambre,


X. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

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