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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2518817

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2518817

vendredi 26 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2518817
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCOMPIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A..., ressortissant congolais. Ce dernier demandait qu’il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour enregistrer sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé. Le juge estime qu’il n’a pas compétence pour ordonner la délivrance d’un récépissé et que, la demande ayant été faite par voie postale le 17 juillet 2024, le silence de l’administration a fait naître une décision implicite de rejet en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. La requête est donc manifestement mal fondée et rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 décembre 2025, M. B..., représenté par Me Compin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui donner un rendez-vous en vue de l’enregistrement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie ;
- la mesure demandée est utile ;
- la demande ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, désignée Mme Robin, conseillère, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :
M. A..., ressortissant congolais, entré en France le 13 octobre 2005 sous couvert d’un visa de long séjour, a, conformément aux prescriptions de l’arrêté pris par le préfet de Seine-et-Marne en application du second alinéa de l’article R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, déposé une demande d’admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale par voie postale le 17 juillet 2024. Par la requête visée ci-dessus, M. A... doit être regardé comme demandant à ce qu’il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui donner un rendez-vous en vue de l’enregistrement de sa demande d’admission exceptionnelle au séjour et de le munir d’un récépissé de cette demande.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. » En vertu des dispositions de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction contradictoire ni audience publique lorsque la demande dont il est saisi ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de cette demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet. ». L’article R. 432-2 du même code dispose que : « La décision implicite de rejet mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois. / Par dérogation au premier alinéa, ce délai est de quatre-vingt-dix jours lorsque l’étranger sollicite la délivrance d’un titre de séjour mentionné aux articles R. 421-23, R. 421-43, R. 421-47, R. 421-54, R. 421-54, R. 421-60, R. 422-5, R. 422-12, R. 426-14 et R. 426-17. / Par dérogation au premier alinéa ce délai est de soixante jours lorsque l’étranger sollicite la délivrance du titre de séjour mentionné à l’article R. 421-26. ».

Aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l’autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire. ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 431-2 du même code : « La demande d’un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration s’effectue au moyen d’un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté (…). ». Aux termes de l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l’article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu’il détermine soient adressées par voie postale. ».

Il résulte des articles L. 431-1, R. 431-2 et R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) qu’en dehors des titres dont la demande s’effectue au moyen d’un téléservice et qui figurent sur la liste prévue à l’article R. 431-2 de ce code, fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration, la demande de titre de séjour est effectuée par comparution personnelle au guichet de la préfecture ou, si le préfet le prescrit, par voie postale. Le silence gardé sur une demande de titre de séjour présentée par voie postale, lorsqu’un tel mode de dépôt a été prescrit par le préfet, vaut rejet implicite de la demande, sauf à ce que le dossier soit incomplet.
En l’espèce, outre qu’il n’appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à une autorité administrative de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, le silence gardé par le préfet de Seine-et-Marne sur la demande d’admission exceptionnelle au séjour présentée par le requérant au titre de la vie privée et familiale, régulièrement adressée par voie postale le 17 juillet 2024, dont il n’est pas contesté que le dossier était complet, a fait naître une décision implicite de rejet de la demande au terme d’un délai de quatre mois, en application des dispositions citées au point 3. Dans ces conditions, la demande présentée par M. A... sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt aucun caractère d’utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite.

Il résulte de tout ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. A..., y compris ses conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, suivant la procédure prévue à l’article L. 522-3 du même code.


O R D O N N E :

Article 1er :
La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à M. B....

Fait à Melun, le 26 décembre 2025.
La juge des référés,
Signé : M. ROBIN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,

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