Cette ordonnance du Tribunal administratif de Melun, rendue par le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A... qui contestait la mise en fourrière de son véhicule et demandait la communication des procès-verbaux y afférents. Le juge rappelle que la mise en fourrière constitue une opération de police judiciaire, relevant par nature de l'autorité judiciaire et non de la compétence de la juridiction administrative. En conséquence, la requête est rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent, en application de l'article L. 522-3 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et une pièce enregistrées les 6 et 8 janvier 2026, M. B... A... doit être regardé comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Melun de lui communiquer le procès-verbal d’enlèvement de son véhicule, la décision de mise en fourrière et ou toute instruction s’y rapportant ;
2°) à titre subsidiaire, d’ordonner la mainlevée de la mesure et la restitution de son véhicule.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Vérisson, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ».
En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.
La mise en fourrière d’un véhicule, prescrite en exécution des articles L. 325-1 et suivants du code de la route dans les conditions prévues aux articles R. 325-12 et suivants de ce code, a le caractère d’une opération de police judiciaire. Par suite, l’autorité judiciaire est seule compétente pour connaître des actions fondées sur les irrégularités dont serait entachée la mise en fourrière et, notamment, sur celles qui se rapportent à la réalité ou à la constatation des infractions qui l’ont motivée. Ces actions ne relèvent de la juridiction administrative que lorsqu’elles tendent à la réparation des dommages imputés au fait de l’autorité administrative à laquelle le véhicule a été remis en exécution de la décision de l’officier de police judiciaire.
Par la présente requête, M. A... entend contester une décision de mise en fourrière. Or, ainsi qu’il vient d’être exposé, une telle décision a le caractère d’une opération de police judiciaire. Dès lors, les conclusions tendant à obtenir la communication du procès-verbal d’enlèvement de son véhicule, de la décision de mise en fourrière et de ou toute instruction s’y rapportant, ainsi que celles tendant au prononcé de la mainlevée de la mise en fourrière, doivent être rejetées comme étant présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Melun, le 20 janvier 2026.
Le juge des référés,
Signé : D. Vérisson
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,